Parmi la trentaine de bâtiments qui abritent les écuries des chevaux de ban-ei, deux locaux particuliers : ceux du maréchal-ferrant et de la clinique vétérinaire.
"Regarder, regarder encore, regarder toujours, c'est ainsi seulement qu'on arrive à voir." Jean-Martin Charcot
Parmi la trentaine de bâtiments qui abritent les écuries des chevaux de ban-ei, deux locaux particuliers : ceux du maréchal-ferrant et de la clinique vétérinaire.
Avant chaque course, les 10 chevaux sont présentés au public par les grooms. Auparavant, les chevaux ont été identifiés visuellement. Il n'existe pas de système de puçage au Japon. Pas de contrôle anti-dopage avant la course ou pendant les entraînements.
Les jockeys passent quelques minutes dans une sorte de salle d'attente, puis ils rejoignent les chevaux qu'ils doivent driver.
Et hop !...
Les parieurs de tous âges observent les partants. En 2008, il y a eu en moyenne 1999 spectateurs par réunion, pour un total de 148 jours de course.
Les chevaux, plus ou moins en file indienne, gagnent le départ en passant devant les tribunes... vides. Tous les parieurs sont aux machines automatiques dans la galerie intérieure qui est... chauffée.
Les jockeys saluent le juge. Nous sommes en Asie.
Les chevaux sont sous les ordres du starter.
Les chevaux sont lancés. Départ à bloc jusqu'à la première butte, 35 mètres plus loin.
Cette première bosse haute de 1 mètre est franchie dans la foulée. Certains chevaux éprouvent cependant quelques difficultés. Les traîneaux pèsent de 500 à 700 kilos selon les courses.
Il y a 78 mètres entre la première et la deuxième butte, haute de 1,50 mètre. Les chevaux marquent deux ou trois arrêts de quelques secondes entre ces deux obstacles pour reprendre leur souffle. Ils marquent un arrêt un peu plus long au pied de cette deuxième bosse, puis ils partent à l'assaut. Certains franchissent l'obstacle avec facilité, d'autres calent dans le sable. Les jockeys font largement usage de leurs guides pour fouetter la croupe des chevaux. Après le passage de la première bosse, le reste du parcours se fait pratiquement au pas.
L'utilisation d'un puissant téléobjectif, l'arme fatale des paparazzi, me confirme que nous sommes bien en présence de deux débardeurs finistériens, les Séité père & fils.
Une planque prolongée dans les feuillages aux couleurs d'automne du bois de Kercadoré en bordure du Scorff sur la commune de Queven dans le Morbihan vient lever les derniers doutes.
Je profite du couvert foliaire pour m' approcher sans être vu. N'est-ce pas Claude "Max" Pot et sa compagne, venus de Bourgogne, qui rendent visite à leurs amis débardeurs ? En tendant l'oreille, quelques bribes de conversation me parviennent. "... Robin Knight... percheron... formation... Saint-Cloud... Savoureux, aussi...".
J'en sais assez, mais je continue à observer la scène. Les deux chevaux bretons paraissent aussi bien intrigués par l'intrus.
Ceux qui ont poussé les Portes Ouvertes de l'entreprise Equi'Marché il y a quelques semaines ont pu découvrir un porte-outil motorisé assez compact, baptisé "Teney" du nom du concepteur. Ce nouvel outil adapté à la traction animale a été conçu par la société Vert Service de Belgique.
La vente se déroule à Otanoshike, une sorte de banlieue industrielle de la ville de Kushiro dans le sud de l'île de Hokkaïdo. Cette vente est l'une des 6 de l'île à cette époque. Celle de Otanoshike comptait -selon le programme- plus de 450 chevaux inscrits. Beaucoup de traits, mais pas seulement. Les premiers à passer aux enchères étaient les poulains de l'année. Sur 187 poulains, il y avait 13 purs percherons, 35 demi-sang percherons, 2 purs bretons, 8 demi-sang bretons dont 2 croisés avec des percherons, et 3 demi-sang traits belges. Tous les autres poulains étaient issus de croisements multiples enregistrés sous le terme de "demi-traits".
Les acheteurs potentiels sont debout ou assis au premier rang. Boîtier électronique en main, ils placent leurs enchères en toute discrétion. Le temps des enchères dure moins de 30 secondes pour chaque cheval. Commencée à 10 heures précises, la vente était terminée un peu après 13 heures. Dans leur grande majorité, les acheteurs sont des marchands venus de Kyushu, l' île la plus au sud du pays. Chargés dans des camions, les chevaux seront acheminés vers les abattoirs de cette île dont la population est consommatrice de viande chevaline. D'une manière étonnante, l'île de Hokkaïdo qui compte plus de 90% des élevages de chevaux ne consomme pas de viande chevaline.
Les poulains de l'année se négocient entre 400000 et 520000 Yen (3000 et 4000 €). Les juments d'âge de 850/900 kilos atteignent plus de 6000 €. Ces prix doivent être mis en rapport avec le prix de la viande au détail. Il s'agit d'un produit de luxe qui n'est consommé que dans des occasions spéciales. On trouve cette viande dans des boutiques de produits alimentaires de luxe et le prix au kilo varie entre 50 et 200 € selon la qualité. Le Japon est le 10ème importateur mondial de viande chevaline et 5000 carcasses sont importées chaque année du Canada.