La réunion d'après-Mondial, qui s'est tenue le samedi 17 décembre à la Salle des Fêtes de Margon en Eure-et-Loir, a rassemblé environ 80 personnes. Certains n'avaient pas hésité à faire le déplacement depuis le centre de la France et la Bretagne.
La fin de matinée a été consacrée à une rétrospective du Mondial à partir d'images fixes et d'images qui bougent. François Chouanard, le président de la SHPF, s'est très longuement attardé sur la genèse de l'événement, la recherche des financements et le succès populaire de ces deux journées consacrées au cheval percheron.
A la fin de cette présentation, le déjeuner étant en attente, la partie débat s'est limitée à quelques échanges évoquant la possibilité... d'un prochain Mondial en France, que quelques-uns souhaiteraient pour l'année 2016, dans 5 ans. A ceux qui trouvent qu'un Mondial de deux jours, c'est trop court, François Chouanard -que la perspective d'un nouveau Mondial a laissé sans voix- a cependant répondu que "trois jours sous la pluie, cela pouvait aussi être très long".


Gardé secret, le programme de l'après-midi fut dévoilé après le repas.
C'est l'entreprise Parcours Conseil qui a été chargée de baliser l'itinéraire de l'après-midi.
Parcours ? Ça ne vous dit rien ? Parcours n'est autre que le cabinet d'études qui a réalisé il y a quelques mois l'étude baptisée "Schéma de développement de la filière percheronne dans le Perche". Les résultats de cette étude commandée par le Parc naturel régional du Perche avaient été dévoilés le matin de la dernière AG de la SHPF, début 2011.
La réunion de samedi a donc été en quelque sorte un 1er rendez-vous destiné à enclencher la mise en place de ce plan de développement. A noter que, en quelques mois, le Schéma de développement a perdu une partie de son intitulé puisque "...dans le Perche" a disparu. La réalité est parfois ingrate avec l'histoire, et le percheron s'est bien émancipé de la province qui l'a vu naître. Ce qui ne l'empêche pas d'être fier de ses origines. Mais il y a des réalités qu'il faut savoir accepter.
En début d'après-midi, l'honorable assemblée s'est donc scindée en plusieurs groupes d'une dizaine de personnes. Des thèmes de travail avaient été choisis. La composition des groupes avait aussi été établie à l'avance. Ce qui a fait grincer beaucoup de dents. Certains se sont affranchis de cette manière de faire, jugée peu délicate, et se sont installés dans un groupe qui était davantage en accord avec leurs centres d'intérêt.
Parmi les thèmes de réflexion choisis, on peut citer :
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Adapter le fonctionnement de la SHPF aux enjeux de demain.
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Encourager l'utilisation des chevaux percherons.
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Développer la commercialisation.
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Préparer les Jeux Equestres Mondiaux.
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Renforcer le lien entre le cheval percheron et son territoire.
Il ne s'agissait pas de discussions libres mais d'une vraie séquence de travail devant déboucher sur l'élaboration d'un projet, avec une réfléxion complète allant de la création d'un groupe porteur du projet jusqu'à son financement. A la fin de l'exercice, des rapporteurs, un par groupe, ont livré à l'assemblée réunie un rapport concentré de leur travail. Tout le monde a ensuite été invité à voter afin de désigner les projets les plus séduisants. Puis, les personnes intéressées à participer à la mise en place de certains de ces projets ont pu apposer leur nom au bas de la feuille prévue à cet usage.
Vous comprendrez facilement que le but de ces ateliers n'est pas d'obtenir la mise en place immédiate de tous les projets imaginés, mais d'en faire avancer un ou deux et de sortir ainsi d'une situation de blocage. Certains thèmes, comme celui des Jeux Equestres Mondiaux, vont d'ailleurs d'eux-mêmes s'imposer dans un avenir proche.
Le travail réalisé samedi vise aussi à faire émerger les forces vives de la race qui, pour diverses raisons, sont actuellement dans l'impossibilité de s'exprimer, et d'apporter les idées novatrices qui permettent à tout groupe humain d'avancer et de se renouveler.
A l'issue de ces travaux, les participants ont, dans leur grande majorité, dit leur satisfaction d'avoir pu participer à cette réflexion et d'avoir pu s'exprimer sur des sujets en rapport avec la race percheronne.
Cette énergie qui s'est manifestée à l'issue de cette réunion nous fait toucher du doigt ce qui, à mes yeux, est le grand regret -je pourrais même dire l'échec- du Mondial : à aucun moment dans les 18 mois qui ont précédé ce Mondial, ces forces vives n'ont été réellement sollicitées. L'auraient-elles été que d'elles-mêmes, sans le savoir, elles auraient mis en place une partie du projet élaboré par Parcours Conseil.
"Et qu'est-ce qu'on fait après ?"
La SHPF aura-t-elle la volonté, les moyens humains et financiers pour accompagner et canaliser ces énergies révélées ?
Serons-nous amenés à revoir nos amis de Parcours Conseil ? Peut-être, puisque Parcours est un peu une autoroute vers le futur. Une autoroute à... péage.