samedi 18 février 2012

L'Orne A Un Président

Vaisseau sans équipage ni commandant depuis quelques mois, le Syndicat ornais du cheval percheron s'est remis en état de naviguer dans les eaux parfois calmes, parfois agitées, et à l'occasion troubles, du cheval percheron.
La barre du vaisseau a été confiée à Davy Gesbert, nouveau président du Syndicat. Pour le seconder, l'éleveur de Saint-Fulgent-des-Ormes pourra compter sur une équipe composée aux postes cléfs de : Claude Adenis, vice-président ; Christiane Kuntz, secrétaire ; Bernard Boblet, trésorier.
Rappelons qu'à l'issue de l'Assemblée générale qui s'est tenue il y a 15 jours, le Conseil d'administration élu par les adhérents est composé de 9 membres. Aux noms précédemment cités, il faut ajouter ceux de Éric Alron, Étienne Decayeux, Émilien Gaudré, François Noël et Anthony Savale pour obtenir l'organigramme complet du Syndicat ornais remis à flot et voguant sur une mer redevenue calme.

vendredi 17 février 2012

"Prenez Votre Destin En Main"

  • Trait percheron.

C'est finalement le 15 février que l'on connaît officiellement les crédits que l'État accorde à la filière trait pour 2012. Je vous épargnerai la formule classique en telle circonstance : "Mieux vaut tard que jamais".

Heureuse de son lobbying couronné de succès qui a permis de conserver pour cette année une enveloppe plus importante que prévu, France Trait, la fédération qui regroupe les neuf associations nationales de trait, nous annonce donc que pour les concours d'élévage modèles & allures et utilisation, la diminution de dotations sera de -24% par rapport à 2011 et que la dotation aux associations nationales de race (ANR) baissera de 8%. À noter que les primes liées à l'étalonnage ne sont pas encore fixées et font l'objet d'arbitrages (voir le communiqué sur le site de France Trait www.france-trait.fr )

  • Cob normand.

Je me souviens avoir entendu il y a deux ans quelques personnes "autorisées" annoncer le doigt levé, le ton menaçant : "L'assistanat, c'est fini ! Les races de trait vont devoir prendre leur destin en main".

Dans un premier temps, le petit enfant que je suis toujours a été fort impressionné et même rempli d'inquiétude en entendant cet avertissement solennel. Après réflexion, je me suis cependant réjoui de cette annonce. N'allait-on pas enfin voir les races de trait françaises se pencher sur le problème de leur financement ? J'imaginais déjà des groupes de réflexion sur le moyen de faire des économies et sur les possibilités de générer de nouveaux revenus autres que ceux provenant de fonds publics.

Bref, je voyais un percheron indépendant, ne comptant plus que sur ses seules forces pour assurer son hypothétique retour gagnant. Aux orties, les décennies passées à se complaire dans l'assistanat !

  • Trait ardennais.

À part des augmentations de cotisations, je n'ai pas vu grand-chose. Aucune réflexion, aucune mesure concrète, en tout cas chez le percheron, race qui m'est la plus familière. Il est vrai qu'avec le Mondial, on avait d'autres chats à... caresser.

Les ANR ont des excuses à faire valoir. Pourquoi, en effet, se creuser les méninges sur ce problème de financements quand chaque année, on finit par obtenir une enveloppe, certes un peu réduite, mais encore conséquente ? Va-t-on de nouveau, en 2013, nous refaire le coup de l'annonce d'une coupe drastique (-85% annoncés pour 2012) et finalement nous dire, l'année 2013 déjà bien entamée, qu'une fois encore nos Bons Princes ont eu pitié de nous ?

Les ANR peuvent-elles réellement prendre leur destin en main, faire des prévisions, s'organiser un avenir, quand le 1er février, elles ne savent toujours pas de quel budget elles disposent pour l'année à venir ?

  • Trait auxois.

En fait, pour être honnête, j'entends beaucoup parler d'argent et de financements. Plus précisément, de subventions. Une grande frénésie s'est emparée du petit monde du cheval de trait où il n'est plus question que de "monter des dossiers". N'oubliez pas d'accoler systématiquement au mot "dossier" les qualificatifs "innovant" et "structurant", faute de quoi la requête n'a aucune chance d'aboutir.

Ce foisonnement est tel que l'on commence à s'y perdre. Il arrive que l'on ne sache plus de quel dossier on parle, à qui il est destiné, et pourquoi il a été préparé. Parfois on découvre un peu tard l'incompatibilité de deux dossiers. De temps à autre, on apprend même que, malgré la crise, il y a encore des fonds disponibles ici ou là mais qu'il faut "monter les dossiers" dans l'urgence. Ne va-t-on pas devoir embaucher des personnes chargées d'aller à la pêche aux fonds ? Dépenser plus pour, peut-être, gagner plus ?

Comme on fait désormais des bilans carbone, préservation de l'environnement oblige, il faudrait peut-être faire des bilans subventions pour voir si l'on n'est pas arrivé à cette situation ubuesque où l'on dépense plus d'argent en recherches de fonds que d'argent réellement collecté (que de kilomètres parcourus pour des réunions à l'utilité questionnable ! Donc de gros frais, sans parler... du bilan carbone !).

Toutes ces pompes à subventions tentent bien évidemment de se brancher sur des organismes qui ont le pouvoir d'accorder des dotations provenant majoritairement de fonds publics. Moins de fonds publics d'un côté (État et sa dotation globale), plus de fonds publics de l'autre (Régions, Conseils généraux, Europe et leurs subventions sur projet)... Ou comment avancer en faisant du sur-place. Loin, très loin, des envolées lyriques sur l'arrêt de l'assistanat annoncé il y a deux ans.

  • Trait boulonnais.

Reconnaissons que depuis quelques années, il devient difficile de savoir qui fait quoi dans le petit monde du cheval de trait. Il y a les incontournables : ANR (elles-mêmes divisées en syndicats départementaux), France Trait, IFCE, France Haras. Il y a aussi de nombreux organismes actifs dans certains secteurs de la filière et dont on voit apparaître le nom de temps à autre. Citons pêle-mêle sans aucun jugement de valeur : UNIC, Commission nationale des chevaux territoriaux, FNC, SHF, Parcs nationaux, sans oublier les multiples associations liées à l'utilisation et à la formation. Pour couronner le tout, nous apprenons la naissance de la "Maison mère du cheval de trait", une structure supplémentaire qui va sûrement tout simplifier.

Face à cette pléthore d'acteurs, il y a les bailleurs de fonds, ceux qui tiennent les cordons des bourses : Régions, Conseils généraux, Fonds européens, Fonds Éperon... Ce foisonnement de "partenaires" qui se retrouvent, se séparent, au gré des projets, des dossiers, nous fait souvent oublier que c'est le cheval de trait, à l'avenir incertain, qui devrait être au centre des préoccupations, et pas la bureaucratie bien portante et même un peu grassouillette qui l'entoure.

Force est de constater que le cheval agricole d'autrefois, en passe de se débarrasser de ses habits passéistes et repeint en vert aux couleurs de l'écologie, fait naître des ambitions. Chacun essayant d'occuper le terrain du mieux qu'il peut, certains dans une situation de sauve-qui-peut, sans se soucier de conserver une approche globale plus constructive.

  • Trait breton.

Mes idées d'indépendance pour le percheron et les chevaux de trait, il y a quelque temps que je les ai rangées aux oubliettes. À certains moments, j'ai l'impression de voir un théâtre de marionnettes avec chacun des acteurs de la filière agitant une ou plusieurs ficelles et parfois tentant de piquer la corde du voisin.

Le percheron que j'imaginais volant de ses propres ailes, conquérant de nouveaux territoires, n'a peut-être jamais été aussi dépendant. D'un être humain, on dirait qu'il est sous perfusion.

  • Trait comtois.

C'est toujours avec étonnement que je relis ce discours prononcé en 1893 par Michel Fardouet, le 1er président de la SHPF : "... notre Société, marchant résolument de l'avant, n'a pas cessé de poursuivre son but, c'est-à-dire de travailler au progrès, au perfectionnement de notre race de trait et cela, sans solliciter aucun secours pécuniaire de l'État".

Bien sûr me direz-vous, cette année-là, la SHPF vieille de 10 ans comptait plus de 2600 adhérents et enregistrait plus de 3500 poulains par an. Plus facile, dans ces conditions, d'être indépendant.

  • Trait du Nord.

Je sais que nous vivons actuellement une situation bien différente et qu'il faut se serrer les coudes pour assurer l'avenir du cheval de trait. Néanmoins, souvent, après m'être laissé aller à certaines de ces lectures nées d'écrits de temps bénis, victime consentante d'une montée irrépressible d'idéalisme, me vient une envie, celle de crier à tue-tête : "Vive le percheron libre et indépendant !".

  • Trait poitevin.

mardi 14 février 2012

On Nous A Envoyé

Emmanuel Fleurentdidier.
Emmanuel nous adresse des photos de deux nouveaux avant-trains réalisés par Jean-François Sommer de AMB 88 dans les Vosges.

  • Appelé TAMS 1, cet avant-train est destiné à un attelage en simple (2 photos ci-dessus). Il est doté de 2 sièges rabattables (meneur + groom). Il peut être utilisé par exemple pour tracter une remorque.

  • Appelé TAMS 2, cet avant-train de 125 kg est destiné aux chevaux en simple et en paire et peut aussi être utilisé avec des boeufs en paire (2 photos ci-dessus)..
Plus d'informations auprès du concepteur de ces avant-trains : Jean-François Sommer au 06.03.11.74.84. et amb.88@ovi.com

lundi 13 février 2012

Recherche Dans Une Botte De Foin

Vous avez sûrement rencontré quelqu'un, dépité de n'avoir pu retrouver son aiguille dans une botte de foin ?
En revanche, on n'a jamais entendu personne se plaindre d'avoir perdu sa percheronne dans une botte de foin. Quand bien même cela se produirait, il ne faudrait pas longtemps pour remettre la main sur l'animal. Et s'il y a non pas une mais cinq percheronnes, alors la recherche devient un jeu d'enfant.
Pour preuve, ces percheronnes de l'élevage Teinturier, père et fils(s), que nous n'avons aucune peine à retrouver dans cette balle ronde providentielle par ces temps de grand froid !
Élevage Teinturier
La Haize
72600 Montigny
06.88.15.89.67.

dimanche 12 février 2012

Week-End À La Neige

Qésako de la Chapelle et Valérie Bouteloup
Les Genettes
Orne

Pensée Dominicale

vendredi 10 février 2012

Jour De Concours À Nogent > Dernière Partie

Voici la 3ème et dernière partie de l'extrait d'article publié par le journal "L'Acclimatation" sous la plume de H. de Loncey, qui relate le concours national percheron de 1889 à Nogent-le-Rotrou.
"La ville pavoisée, enguirlandée de toutes parts, offrait un coup d'oeil gracieux et pittoresque du plus bel effet. Et quand à deux heures, le cortège des personnages officiels, parmi lesquels le directeur général des Haras de France remplaçant le ministre de l'Agriculture, le général commandant le corps d'armée, les préfets et sous-préfets des quatre départements comprenant l'ancienne province du Perche, les sénateurs et députés de la région et de nombreux fonctionnaires civils et militaires, traversèrent la ville venant de la gare dans des landaus découverts, escorté par les pompiers et les sociétés orphéoniques, chorales etc, bannières déployées et marchant au pas d'une musique entraînante, l'impression fut très vive et des plus heureuses.
A trois heures eut lieu le défilé des chevaux primés qui formaient un ensemble exceptionnellement remarquable, le directeur des Haras en fut surtout frappé.
Puis à quatre heures, distribution des prix et récompenses ; nous avions pris place sur l'estrade près de l'Inspecteur général des Haras et fûmes chargés à diverses reprises de remettre les diplômes et médailles aux lauréats. Parmi les décorations, il en est une qui a provoqué un véritable enthousiasme, c'est celle du Mérite agricole donnée à M. Boulay-Chaumard, le très sympathique et très dévoué secrétaire général de la Société qui, à la fin de la séance, nous a lu le rapport annuel de la Société dont la situation est des plus propsères. Elle compte aujourd'hui 3600 adhérents souscripteurs et 2600 inscriptions à son stud-book".

L'Avenir En QuestionS

Beaucoup de questions, en effet, autour de la race percheronne, de l'étalonnage et du nouveau rôle des Haras nationaux.
En prélude à l'élection du nouveau Conseil d'administration du Syndicat ornais du cheval percheron, Franck Le Mestre, directeur du haras du Pin, a dressé un tableau tout en questionnements sur l'avenir mutuel de la race percheronne et du haras du Pin.
Rappelons d'abord les certitudes : l'étalonnage, c'est fini (2013) ; les primes d'encouragement, ça va se terminer (quelques années) ; l'appui des agents techniques des Haras dans l'organisation et le déroulement des concours modèles & allures, sur le point de s'arrêter (2013 ou 2014 ?).
Franck Le Mestre s'est ensuite attaché à dessiner la carte de ce que pourrait être les activités du haras du Pin.
En 1er lieu, le Pin entend poursuivre ses activités liées à l'organisation d'événements équestres, petits et grands.
Plus en lien avec les races de trait, le haras du Pin accentue actuellement ses activités de Centre de formation. À titre d'exemple, la formation au CS-Utilisateur de chevaux attelés, qui est actuellement dispensée conjointement avec la ville de Trouville, siège de la Commission nationale des chevaux territoriaux.
De toute évidence, la traction animale renaissante attire les convoitises. La ville de Trouville fait sien le cheval territorial, le plus exposé, le plus médiatique, le plus politique des chevaux utilitaires. On peut regretter qu'il y ait beaucoup moins de volontaires pour s'intéresser au cheval en forêt ou dans la vigne.
Soucieux de ne pas conserver que des courants d'air dans ses écuries, le haras du Pin envisage aussi de travailler à la labellisation des chevaux utilitaires. Franck Le Mestre a précisé que si le haras se sépare de ses percherons reproducteurs, il devrait conserver une dizaine de percherons pour "travailler" dans le secteur de la formation au service des élèves.
Troisième volet des activités envisagées du haras du Pin, le développement d'un projet touristique conséquent (musée, espace percheron, hébergement, restauration).
L'avenir du haras du Pin devrait être couché sur papier en 2012, avec la présence du Conseil général de l'Orne et de la Région Basse-Normandie pour apposer leur signature au bas des documents officiels.

Un Nouveau C.A. pour L'Orne

Le Syndicat ornais du cheval percheron s'est doté, hier jeudi 9 février en soirée, d'un Conseil d'administration. L'Assemblée générale du Syndicat s'est déroulée au haras du Pin, en présence de monsieur Franck Le Mestre, directeur du haras.
Les nouveaux administrateurs du Syndicat ornais sont (de gauche à droite sur la photo) : François Noël, Christiane Kuntz, Émilien Gaudré, Claude Adenis, Davy Gesbert, Éric Alron, Étienne Decayeux, Bernard Boblet et Anthony Savale (absent, retenu à Paris).
Une prochaine réunion du nouveau C.A. le vendredi 17 février au Pin devrait déboucher sur la désignation du Bureau et du nouveau président.
En ouverture de cette Assemblée générale, François Chouanard, le président de la SHPF, a répété qu' "il faut tourner la page et être positif".
Franck Le Mestre a longuement évoqué le devenir des Haras nationaux. A plusieurs reprises, il a exprimé sa confiance dans l'avenir, même si toutes les caractéristiques de son discours avaient les allures d'une déclaration de fin d'époque.
Voici en résumé quelques éléments importants de son intervention :
  • L'étalonnage chevaux de trait devrait être terminé en 2013 au lieu de 2014.
  • Cette année, le haras du Pin disposera à la monte de Safir du Caroi, Toti de la Comauche et Hannah Hill Kemo Sabe.
  • Les primes d'encouragement vont continuer à baisser dans les années à venir : "Si vous élevez pour des primes, il faut changer de stratégie".

Nous reviendrons demain sur le rôle de "vitrine pour valoriser le percheron" qu'entend jouer le haras du Pin.

jeudi 9 février 2012

Parade Du Pin

Le 10 mars à 14 heures 30, la cour d'honneur du haras du Pin servira de cadre à la grande parade des étalons. À ne pas manquer.

mercredi 8 février 2012

Du Rab De Pail

La moisson, photographique, sur la corniche de Pail en Mayenne a été excellente, avec des rendements de 15 à 20% de photos utilisables.
Avec un cadre enneigé superbe, avec des éoliennes en arrière-plan, avec des acteurs comme Nomade l'Ardennais et Étienne Poupinet le Mayennais, toujours au top de leur art, tout concourait à faire de cette moisson hivernale 2012 un cru exceptionnel.
Un surplus de Pail bienvenu, donc !
Étienne Poupinet
06.19.45.12.87.

mardi 7 février 2012

Ombres Percheronnes

Après une semaine de froid, les percheronnes ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, comme le prouvent quelques-unes de ces photos prises hier après-midi.