"Regarder, regarder encore, regarder toujours, c'est ainsi seulement qu'on arrive à voir." Jean-Martin Charcot
dimanche 16 septembre 2012
samedi 15 septembre 2012
On Nous A Envoyé
Jean-Marc Chapelet.
"Enfin, il pleut ! Juste le jour où j'ai décidé de herser avec mes deux chéries Samba de Lyrée et Tania des Hâtes".
Brigitte Léon.
Brigitte a reçu des photos de ses amis du Rideau attelé "Pierrot et Agnès des Roulottes" installés en forêt de Brocéliande pour quelques représentations.
Manon B.
Les problèmes de vision de Manon B. vont de mal en pis. Si sa perception du monde est à l'image de celle qu'elle a du percheron, je ne sais s'il faut s'inquiéter ou se réjouir.
vendredi 14 septembre 2012
Le Fer Et L'Enclume
Ces premières images donnent à penser qu'aujourd'hui nous rendons visite à un maréchal-ferrant.
Mmm... Pas tout à fait.
Répondons d'abord à cette question : Où sommes-nous ?
À Shelby. Côté ouest de l'État du Michigan, USA.
Will Lent n'est pas à proprement parler maréchal-ferrant, même si cette activité lui prend de temps à autre quelques heures. Will est tout simplement fabricant de fers destinés aux chevaux de trait. Il y en aurait 5 aux États-Unis spécialisés dans cette activité.
Mais Will Lent est de loin le plus connu et le plus ancien dans la profession. 35 ans de métier. Si tout le monde connaît Will dans le milieu du cheval de trait aux USA et au Canada, c'est qu' "il a révolutionné les fers, en particulier ceux de show qu'il a façonnés et fait évoluer depuis trois décennies", explique Keeley, sa femme, qui gère la partie administrative de l'entreprise.
Will Lent est un peu le père de ces "Scotch Bottom Shoes" qui équipent tous les chevaux d'attelage de show. Sa production est composée à 70% de fers de type show et le reste de fers de travail classiques. Une production grande consommatrice d'heures de travail puisque ces fers sont forgés à la main.
Will Lent explique en deux phrases cette passion des Nord-Américains pour ces fers lourds, disproportionnés, qui donnent des allures "piaffées" si particulières aux chevaux d'attelage de show. "Pour les Américains, plus c'est grand, mieux c'est". On avait bien compris cela, avec les voitures, les burgers, les sodas et des tas d'autres choses. C'est donc aussi vrai pour les fers des traits. Seconde explication : "Ils ne veulent pas que les chevaux de trait ressemblent à des chevaux de trait". Tout à fait réussi ! On s'était bien aperçu que les percherons d'attelage américains n'avaient plus grand-chose à voir avec des chevaux de trait.
Will et Keeley possèdent trois juments percheronnes, noires, et une jument belgian, mises à contribution les jours où des formations maréchalerie sont organisées ou quand... un photographe vient à passer.
Will Lent est aussi un collectionneur... de poids. Il est en effet le propriétaire de la plus importante collection d'enclumes au monde. Cette collection lui a été cédée il y a quelques années par le grand spécialiste des enclumes, Richard Postman. Toutes les pièces de la collection ont une histoire. Ainsi, cette enclume d'origine française (ci-dessus) a été retrouvée dans une décharge de l'Indiana.
Les enclumes de Will Lent viennent de partout : USA, Taïwan, Tchécoslovaquie, Allemagne, Angleterre... "Beaucoup sont arrivées avec les pionniers. Avant 1850, les enclumes n'étaient pas datées. Et c'est seulement aux alentours de cette date que l'on a commencé à en fabriquer en Amérique du Nord".
Will Lent, une vie entre le fer et l'enclume.
Will Lent
jeudi 13 septembre 2012
La Forêt Philosophale
Ceux qui feront une randonnée en forêt domaniale de Montmorency au nord de Paris auront la chance, en suivant le Chemin du Philosophe, d'y rencontrer par le texte quelques-uns des plus grands penseurs de l'Histoire.
Ces jours-ci, ils pourront aussi y croiser Jean-Baptiste Ricard, Élodie Baudin, Mathieu Sallé et Christine Sallé, penseurs forestiers connus pour leur célèbre maxime : "Hêtre ou ne pas hêtre...".
Cette première éclaircie dans des parcelles de hêtres en sera-t-elle une dans la politique aux accents davantage productivistes mise en place par l'ONF dans les forêts périurbaines de la couronne parisienne depuis quelques années ?
De coupes lasse, la population des alentours de la forêt de Montmorency a exprimé son mécontentement et exigé le retour à des méthodes de gestion moins agressives. Vox populi... Quand le peuple dit, l'ONF suit. Entrée en scène du débardage équin qui ne manquera pas d'alimenter les rêveries du promeneur solitaire... souvent accompagné de son chien.
Donneur d'ordre, l'ONF offrira, après appel d'offre, son chèque au porteur. Châssis canadien, grue française, moteur japonais.
Vieux routier ou jeunes pousses du débardage, ces gens-là ont l'écorce dure. Et ce mardi-là, dans les averses drues, les cinq volumes d'eau habituellement requis pour noyer un Ricard n'y ont pas suffi.
Sur un monticule, quelques pierres. La pierre philosophale serait-elle cachée là ? Professionnels âpres au gain mais qui ne roulent pas sur l'or, les débardeurs époussettent ce qui, espèrent-ils, leur apportera la clé de la fortune mais qui, au final, s'avère n'être que des tombes. Celles de Louis-Augustin Bosc d'Antic et de plusieurs membres de sa famille.
Louis-Augustin Bosc d'Antic (1759-1828), naturaliste français passionné de minéralogie et de botanique, a servi la France de belles manières. Administrateur des Postes, consul à New York, administrateur des Hospices et Hôpitaux de Paris, secrétaire au ministère de l'Intérieur, conseiller à l'Agriculture... Bosc d'Antic a légué à la postérité d'importants travaux en agronomie et en histoire naturelle. Compagnon de la Révolution, à la chute des Girondins le 31 mai 1793, il se cache en forêt de Montmorency pour échapper à la Terreur. Selon ses voeux, il sera inhumé au coeur de cette forêt.
"Le destin mêle les cartes, et nous jouons", disait Arthur Schopenhauer (1788-1860).
"Toute société qui n'est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans". Condorcet (1743-1794).
Les cartes dont parlait Schopenhauer viennent d'être rebattues pour Christine Sallé. Pourvoyeuse de billons, comme Élodie, Christine a dû quitter le chantier prématurément. Oncle Alfred et Ursula, mastodontes percherons aux pieds d'argile, sont tombés sous les assauts répétés de tiques vengeresses. "Piro !", a annoncé l'homme de science après avoir ausculté les gros, tout mous-tout mous et fébriles.
Envolés pour Christine les rêves de longue soirée d'automne entre amis sur la plage de Boulogne-sur-Mer autour du flobart. Contre vents et marées, la Route continue avec désormais cette seule devise : "L'important, c'est de participer". Pierre de Coubertin (1863-1937).
"L'espérance est un risque à courir". Georges Bernanos (1888-1948).
La forêt philosophale de Montmorency changera-t-elle les hêtres en or ? À 25 € du mètre cube, les débardeurs sarthois ne se posent pas vraiment la question...
Le Chemin du Philosophe
mardi 11 septembre 2012
Havane De Mai Dans La Vigne
Nous retrouvons Nicolas Fabrié à quelques kilomètres au sud de Narbonne sur le domaine Les Portes, une vigne de 4 hectares qu'il travaille à l'année avec ses chevaux percherons pour le compte de Philippe Pech de Laclause, propriétaire du domaine.
Le nom de Nicolas Fabrié pourrait raviver quelques souvenirs à certains. Voyons pour cela la photo suivante.
Ce laboureur vêtu du blouson rouge de l'équipe percheronne n'est autre que Nicolas Fabrié. C'était en 2006 à l'occasion de la Route des Vins et du Comté à Levier. Marion Lhôte, alors en charge de l'équipe percheronne, s'était mise en quête d'un laboureur vigneron avec des chevaux percherons pour l'épreuve de travail dans la vigne.
Il y a six ans, les prestataires en vigne étaient moins nombreux qu'aujourd'hui, et ceux travaillant avec des percherons étaient rares. Les recherches de Marion avaient fini par porter leurs fruits et Nicolas Fabrié avait intégré l'équipe percheronne. Ma mémoire peut me faire défaut, mais il me semble que Nicolas avait remporté cette épreuve dans la vigne, mais j'ai un doute car il y avait parmi les autres concurrents un autre grand spécialiste en la personne d'Olivier Cousin qui concourait pour l'équipe comtoise.
- Havane de Mai dans les vignes du domaine Les Portes.
Le domaine Les Portes jouit d'un cadre exceptionnel. Les 4 hectares de vigne sont nichés au creux d'une cuvette entourée de hautes falaises grises. La totalité du domaine est travaillée au cheval et les traitements sont faits à l'aide d'un pulvérisateur à dos. On aura compris que les vins produits sur ce domaine sont le fruit de raisins issus de pratiques culturales bio.
Nicolas Fabrié est un laboureur vigneron passionné par le travail de la terre et qui peut en parler pendant des heures. Vous pouvez retrouver Nicolas Fabrié dans le dossier "Spécial Vigne" du numéro 50 de Sabots paru il y une semaine.
- Nicolas Fabrié fait parfois quelques infidélités à la race percheronne, bien pardonnables à la vue de ce moment de tendresse.
lundi 10 septembre 2012
Sainte-Marthe En 4 Ou 5 Mots
Impossible d'ignorer que l'on est en Sologne. Le dernier kilomètre avant d'atteindre la ferme de Sainte-Marthe, sur la commune de Millançay dans le Loir-et-Cher, longe quelques étangs où batifolent en ces premières heures du jour des bandes de volatiles volubiles.
Jacques Léger, producteur de légumes bio plein champ mais aussi formateur, fait les présentations : "Kirsch et Thallus, le premier est un hongre qui a fait il y a une dizaine d'années un passage éclair au haras de Blois, et le second est un entier".
Les stagiaires, impressionnés, se demandent si ces deux percherons à la masse imposante sont bien capables de marcher entre deux rangs de carottes sans en faire une purée prématurée.
Tout le travail accompli sur la ferme de Sainte-Marthe pourrait se résumer en quatre mots : environnement, biodiversité, agronomie, autonomie. Mais Sainte-Marthe, ce n'est pas seulement une ferme maraîchère de 5 hectares. C'est un ensemble d'activités réparties sur un domaine de 160 hectares dont 90% de surfaces agricoles utiles.
La ferme de Sainte-Marthe, c'est donc aussi le jardin de Sainte-Marthe dont les 5 hectares sont dédiés aux semences potagères anciennes ; un centre de formation pour adultes en culture maraîchère bio et en traction animale ; une pépinière de maraîchers ; un jardin pédagogique ; une société de chasse ; et une association, l'Intelligence verte, en charge de l'évenementiel sur le domaine.
Jacques Léger a mis sa casquette de formateur. Les choses sérieuses commencent. "Le meneur, le cheval, l'outil, sont connectés. C'est un tout". Les stagiaires comprennent vite qu'il faudra beaucoup de temps pour cimenter les trois composantes de ce tout. "Ayez toujours la sécurité en tête". Le formateur explique, à partir d'exemples concrets, que tout ce qui est inconnu, imprévu, peut effrayer le cheval. En cette trop chaude journée de septembre, il convient aussi de se méfier du taon, insecte piqueur capable de faire prendre la mouche à n'importe quel cheval.
Avant de pouvoir un jour biner les rangs de carottes, les stagiaires jouent du canadien et de la charrue en terre sécurisée, sans trop s'approcher des rangs de choux promis à un bel avenir en région parisienne puisque c'est principalement vers cette destination que Jacques Léger écoule sa production maraîchère. Sans pour autant négliger la vente locale en ligne, secteur naissant mais appelé à se développer.
Acteur de très longue date de la traction animale, Jacques Léger se souvient que c'est son grand-père vigneron qui l'a initié au travail avec les chevaux. Quelques décennies plus tard, le petit-fils de vigneron devenu légumier bio en Sologne est heureux de faire partager ce savoir ancestral.
Sainte-Marthe résumée en quatre mots ? Plutôt en cinq. Environnement, biodiversité, agronomie, autonomie, certes, mais aussi... transmettre.
Trait Maraîcher
Jacques Léger
Ferme Sainte-Marthe
41200 Millançay
Pour tous renseignements sur la ferme, les productions et les formations, écrire à l'adresse mail suivante :
Blog :
dimanche 9 septembre 2012
samedi 8 septembre 2012
On Nous A Envoyé
Marc et Goedele Van Acker.
Marc et Goedele Van Acker ont participé les 19 et 26 août au défilé de l'Arbre d'Or dans les rues de Bruges. Les percheronnes de Marc faisaient partie de ces deux processions, avec une soixantaine d'autres chevaux parmi lesquels de nombreux chevaux de trait.
"Organisé pour la première fois en 1958, le cortège quinquennal de l'Arbre d'Or est un chapelet de scènes relatant le maraige de Charles le Téméraire avec Marguerite d'York en 1468. Cette reconstitution historique de Bruges, alors centre économique et culturel de niveau européen aux 14ème et 15ème siècle, attire des dizaines de milliers de spectateurs vers la Venise du Nord".
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