lundi 18 février 2013

Lionel Blanchet, Officiellement
















François Chouanard passe la main. Lionel Blanchet devient président de la Société hippique percheronne de France.

À 11 heures samedi matin, toutes les cheminées de la petite commune de Berd'huis dans l'Orne -à un jet de pierre de Nogent-le-Rotrou- émettaient de longs chapelets de fumerolles blanches. Coïncidence hivernale, en ce 16 février plutôt clément ? Toujours est-il que dans le même temps, à la Salle des fêtes, le nom du successeur de François Chouanard à la tête de la SHPF était officiellement dévoilé. C'est donc Lionel Blanchet, éleveur de percherons et étalonnier sarthois, qui prend les rênes de l'illustre institution nogentaise qui régit les affaires percheronnes depuis 1883. Dans le public, une voix discrète a osé un timide et rassurant "Habemus papam...".
















Les premiers contacts de Lionel Blanchet avec les percherons datent de l'époque où son grand-père en élevait. C'est en 1997 qu'il entame sa carrière d'éleveur, prenant quelques années plus tard le virage de l'étalonnage. Installé en Sarthe où il dirige une entreprise, Lionel Blanchet s'est rapidement fait un nom au sein de la race percheronne en portant un intérêt tout particulier aux étalons de type diligencier dont certains, comme Rivulus de la Vande, ont connu une grande notoriété et obtenu de nombreux prix.

Lionel Blanchet prend la présidence de la SHPF à un moment difficile. Le désengagement de l'État, qui devrait laisser le monde de l'élevage du cheval de trait pratiquement livré à lui-même, rebat les cartes et laisse planer de sérieuses interrogations sur le devenir des races de trait.
















L'arrivée de Lionel Blanchet marque la fin des présidents de la SHPF appartenant aux grandes dynasties étalonnières issues de la période où le cheval percheron courait le monde, au tournant du 20ème siècle.
Une page se tourne.

Des Innovations Pour 2013
















Jean-Pierre Gérondeau, président du Parc naturel régional du Perche, lors de l'ouverture de l'Assemblée générale de la SHPF.

L'Assemblée générale 2013 de la SHPF aura été marquée par la passation de pouvoir entre François Chouanard et Lionel Blanchet. Mais des décisions importantes ont aussi été annoncées.
Les rapports d'activités et financiers dévoilés, on a pu se rendre compte que le président récemment élu n'avait pas attendu la date officielle de sa nomination pour mettre le pied à l'étrier. En effet, Lionel Blanchet a dévoilé pour l'année 2013 un programme d'actions avec des "incontournables" mais aussi plusieurs surprises.
















De très nombreux adhérents étaient présents, certains ayant fait un très long voyage pour assister à cette AG.

Après avoir confirmé la prise de fonction de Sandra Barré comme chargée de mission "utilisation" pour une durée de 2 ans, Lionel Blanchet a précisé que l'organigramme de la SHPF comprendrait désormais un Conseil national, assemblée qui réunira tous les présidents des Syndicats départementaux.
D'autres nouveautés encore, en ce qui concerne le concours national de la race, rebaptisé Championnat de France percheron. Attention, maintenu sur deux jours, l'événement se déroulera bien à la fin septembre (28 et 29) mais le samedi et le dimanche. Le samedi soir en nocturne, après le concours des mâles, devrait être organisée une vente de chevaux percherons. Ces changements font suite à diverses propositions récentes venues du milieu percheron.
















Guy Fourmont remet au président le projet "maraîchage" qui devrait être soumis au Conseil d'administration pour approbation.

En ce qui concerne le secteur de l'utilisation, Guy Fourmont a annoncé que les activités seraient regroupées selon deux pôles : le pôle loisirs et le pôle utilitaire.
Claude Adenis et Franck Lamy devraient être en charge de l'animation du pôle loisirs. Avec comme perspective proche la participation à la mi-septembre d'une équipe percheronne à la Route du Luxembourg belge.
Animé par Guy Fourmont, le pôle utilitaire s'est déjà mis en marche puisqu'une ébauche de projet visant à accompagner l'installation de 10 maraîchers en traction animale avec des percherons a été remis au président pour une éventuelle validation par le Conseil d'administration. Il s'agit là d'un projet ambitieux, soutenu par Lorette et Jacques Léger, de Trait maraîcher, présents à cette AG, et qui devrait, s'il voit le jour, prendre forme sur une période de plusieurs années.

















Jean-Marie Baradeau, de l'IFCE, a dressé un bilan complet de la situation des "étalons nationaux" et des achats aidés.

D'une manière générale, cette AG suivie par des éleveurs et des utilisateurs venus parfois de très loin semble confirmer que la race ne manque pas d'"énergies renouvelables", ce qui est plutôt de bon augure pour l'avenir.

Échos d'AG.
















Jean-Marie Rousset a fait voir à François Chouanard de très belles photos.
















Joignant le geste à la parole, Jean-Jacques Léon a dévoilé des statistiques précises de l'élevage percheron en 2012.
















Les nouvelles technologies n'ont plus de secrets pour Chantale Masson, Amandine Collet et Jean-Yves Rolland.
















À la fin de l'AG, chacun est reparti avec sa part du gâteau.

Les 30 Ans De François Chouanard

De 1984 à 2013, à la tête de la SHPF, François Chouanard aura conduit et accompagné ce qu'il est convenu d'appeler le renouveau du cheval percheron. Un renouveau qui s'est inscrit dans un mouvement plus général englobant toutes les races de chevaux de trait.















Concours modèles et allures, Argentan, Orne.

Avant même sa prise de fonctions à la tête de la SHPF, François Chouanard -alors jeune président du Syndicat ornais du cheval percheron- s'implique entre 1981 et 1983 dans une tentative pour implanter à l'échelon national des compétitions de trait-tract du type de celles qui à l'époque connaissaient un franc succès dans l'île de Hokkaido au Japon. Le baneï à la française ne parviendra jamais à s'implanter.

Prenant la succession de Robert Aveline à la tête de la SHPF en 1984, François Chouanard -dans ses premières années en fonction- relaie le discours dominant des Haras nationaux à l'égard des éleveurs de chevaux de trait : "Attelez vos chevaux". François Charpy, le directeur du Haras du Pin, n'est pas le moins véhément quand il s'agit de faire passer le message qu'il faut remettre le cheval percheron à l'ouvrage.















Visite à l'écurie percheronne d'Eurodisney, 1996.

Ces bonnes intentions sont cependant difficiles à traduire dans les faits. Le percheron n'a plus ni la morphologie ni l'allure qui lui permettraient de reprendre durablement le collier. C'est alors que François Chouanard, qui se comporte en président voyageur effectuant plusieurs visites à l'étranger dans les premières années de sa présidence "pour voir ce qui se fait ailleurs", tente un coup de poker et parvient à convaincre Philippe de Quatrebarbes, directeur du Haras du Pin, qu'il y a un moyen rapide de faire relever la tête au percheron. Pour cela, il faut aller chercher un étalon percheron aux États-Unis. Patrice Biget fera partie du voyage au cours duquel les trois hommes tombent sous le charme de Silver Shadow Sheik qui prend ses fonctions de reproducteur au Haras du Pin en 1993.

Le beau noir, léger, élancé, multiplie les saillies et divise la race. Deux autres étalons américains estampillés SHPF suivront, Cruiser en 2006 et Kemo en 2010. Le travail autour du percheron diligencier restera l'un des moments importants des presque trente années que François Chouanard a passées à la tête de la SHPF.
Au-delà de l'émergence d'un percheron plus léger mais toujours de grande taille, c'est sans doute le discours constamment répété du nécessaire allègement de la race qui va se révéler comme le fait marquant pour le cheval originaire du Perche. Un allègement qui sera aussi sensible pour des percherons de type trait issus de lignées restées en dehors du sang américain.
















François Chouanard, Jacques Fortin et Regina Bella à la remise des prix du National percheron 2007.

La présidence de François Chouanard connaîtra un autre temps fort avec l'interdiction en 1996 de la caudectomie, pratique jusqu'alors généralisée dans toutes les races de trait françaises. Avec cette décision, la race percheronne sera la 1ère des neuf races de trait à faire appliquer cette mesure avant même qu'une interdiction officielle ne soit décrétée.

Le nom de François Chouanard restera aussi associé aux 3 Congrès mondiaux du percheron à s'être déroulés sur le site du Haras du Pin, en 1989, 2001 et 2011. Trois événements reconnus comme des succès qui ont permis de mettre en lumière la race percheronne devant un très large public.
Le Congrès de 1989 fut un véritable révélateur, faisant largement passer le message qu'il fallait encore compter avec le cheval percheron. Quant au Congrès de 2011, il a été un succès populaire évident et a permis de montrer "l'internationalité" du cheval percheron. Pendant toutes les années qu'il a passées à la présidence de la SHPF, François Chouanard aura toujours veillé à ce que la race percheronne garde cette dimension internationale héritée d'un passé glorieux.

Les 30 années de François Chouanard à la tête de la SHPF connaîtront aussi deux cuisants échecs. Ceux de la Maison du percheron. À deux reprises, le cheval percheron a failli être doté d'une "Maison". C'est d'abord la ferme de la Touche à Nogent-le-Rotrou, puis la Ferme Neuve à Dorceau, deux anciennes fermes étalonnières, qui ont successivement été envisagées pour offrir à la race un point d'ancrage et une vitrine dans le Perche. Malheureusement, dans les deux cas le projet pourtant bien avancé n'a pas survécu à un imbroglio dont les élus et les responsables politiques sont coutumiers.

"Namaste, monsieur le président"...

Bernard Boblet, Président Pour L'Orne
















Après une courte période de turbulences qui a eu pour conséquence la démission de Davy Gesbert, c'est Bernard Boblet, éleveur à Origny-le-Butin, qui a été élu à la présidence du Syndicat ornais du cheval percheron. Claude Adenis et Christiane Kunzt conservent leurs attributions précédentes, à savoir vice-président et secrétaire. Anthony Savale devient trésorier.

dimanche 17 février 2013

samedi 16 février 2013

On Nous A Envoyé

Goedele et Marc Van Acker.

















"De la boue, des inondations, de la neige, j'en ai vraiment...". Marc ne finit pas sa phrase. Ce n'est pas qu'il ne trouve pas ses mots mais plutôt qu'il tient à rester correct !
Il nous envoie des photos de ses deux percheronnes, Nous Voilà et Soleil du Printemps, réfugiées sur le pont en attendant la fin des inondations.
Plus sérieusement, il nous dit que Nous Voilà a participé au salon AgriFlanders, grande foire agricole à Gand en Flandre. Goedele nous présente aussi Amon, arabo/percheron, très gentil et très sage.
Goedele et Marc nous disent : "Peut-être en septembre, au Pin".
À bientôt, donc.


















Claude Segaud.
















La commune de Chaise-Dieu-du-Theil dans l'Eure sera représentée au Salon de l'agriculture par Voxane de Chaise Dieu. Dominique René, le maire, et Roselyne, la 1ère adjointe, très fiers, sont venus saluer la percheronne avant son départ pour la capitale.



vendredi 15 février 2013

Jean-Christophe Beviere Dans Le Bois De Pau

















C'est une bonne affaire. J'en ai eu quatre pour le prix de trois. Parti en forêt de Bastard près de Pau à la rencontre des trois débardeurs Fred Fardoux, Lionel Maerten et Charlie Quinard, j'en ai découvert un quatrième dans une parcelle voisine, Jean-Christophe Beviere.
Jean-Christophe Beviere est un nouveau venu dans le débardage au cheval. Il vient de créer son entreprise, et travaille principalement sur le Pays basque et toute la zone pyrénéenne. C'est Uriel, jument bretonne, qui l'accompagne dans ses travaux forestiers.
Passons un peu de temps avec Jean-Christophe et Uriel.





Cheval Débardage Bûcheronnage Pyrénées
Jean-Christophe Beviere
Ene Ametsa
64250 Itxassou
06.74.45.36.95.

jeudi 14 février 2013

On Nous A Envoyé

Philippe Chigard.

















Un reproche m'est souvent fait. Celui de faire rêver avec de belles images. "Il ne faut pas faire rêver les jeunes. Le débardage est un métier difficile", me dit-on.
Si certains élèves en formation CS-Utilisateur de chevaux attelés au Lycée agricole et viticole d'Amboise avaient rêvé "la belle vie de débardeur", voilà qui devrait leur remettre les pieds sur terre... boueuse.
Ne serait-ce pas Christine Sallé en formatrice sur l'une de ces photos ? Christine avait toujours rêvé de faire du débardage avec ses percherons... Elle y est arrivée !



















Lycée agricole et viticole d'Amboise
02.47.23.35.61.
06.63.80.45.65.

mercredi 13 février 2013

Au Luxembourg, Le Temps D'Une Éclaircie

















L'éclaircie, les débardeurs belges et luxembourgeois connaissent. C'est même leur domaine de prédilection. Maîtres incontestés de cet exercice, ils n'ont pas leurs pareils pour empiler les bois en bord de cloisonnement ou de chemin.
De retour au Luxembourg, nous suivons Florentin Guillaume avec son ardennais Bijou et François Lefieux avec son percheron noir Rio du Mesnil dans une coupe du côté de Berlé.
L'absence du tracteur-débardeur et le peu d'espace disponible pour la mise en javelles des bois le long du chemin d'exploitation ont quelque peu compliqué la tâche des deux débardeurs... qui en avaient cependant déjà vu d'autres.