Les chevaux de trait, on en parle davantage depuis quelques années. Le milieu des utilisateurs semble en effervescence. Après les activités d'attelage de loisir qui se sont développées il y a une vingtaine d'années, c'est maintenant le cheval agricole, dans la vigne et en maraîchage, le cheval forestier et le cheval urbain qui emboîtent le pas du trait de loisir.
Pourtant, il serait erroné de mettre sur un même pied ces nouveaux champs d'activités. Cheval urbain, agricole et forestier, ne jouent pas dans la même catégorie. La star qui bénéficie de toutes les attentions, c'est sans conteste le cheval des villes, ou cantonnier comme on l'appelle aussi. Rien de tel pour le trait des champs, isolé dans la vigne ou dans les bois. Bien peu de monde s'y intéresse.
Cette différence de traitement entre les traits des villes et les traits des champs s'explique facilement. Le cheval urbain est avant tout une affaire politique, au sens large. C'est-à-dire que ceux qui s'engagent dans le soutien de telles initiatives le font en espérant tirer profit, en termes d'image ou autres (par une très forte médiatisation) de leur action. Il est aussi clair que ces expériences de chevaux en ville voient le jour grâce au travail militant d'une ou deux personnes proches du terrain qui doivent ensuite composer avec le bon vouloir des pouvoirs locaux, seuls habilités à ouvrir les vannes de la boîte à sous.
Rien de tel pour le trait des champs. Qui voudrait organiser des réunions de professionnels, maraîchers, vignerons, forestiers, pour expliquer le rôle que peut tenir le cheval de trait dans les campagnes ? Personne. Seuls quelques militants convaincus s'attellent à ce travail de développement. Il faut dire qu'il n'y a rien à gagner à entreprendre de telles actions de promotion au fond des campagnes et des bois.
La campagne, c'est juste bien pour y construire des villes.
JLD.
Trait des champs. Ardennais.