Nous avons compris que nos French ladies sont prêtes -à l'occasion du Mondial 2011- à relever le défi lancé par leurs consoeurs américaines."Regarder, regarder encore, regarder toujours, c'est ainsi seulement qu'on arrive à voir." Jean-Martin Charcot
Nous avons compris que nos French ladies sont prêtes -à l'occasion du Mondial 2011- à relever le défi lancé par leurs consoeurs américaines.
Malgré son grand âge, Old Betsy fait encore se tourner les têtes sur son passage. Ce sont les pompiers volontaires de Chariton, une petite ville fondée par un trappeur français sur la rive d'un affluent du Mississipi, qui sont venus au Congrès mondial percheron de Des Moines pour présenter leur protégée.
Sortie des ateliers de fabrication en 1883, Betsy -pompe à incendie à vapeur et à traction cheval- a combattu pendant 40 ans les incendies de Chariton, avant de prendre sa retraite en 1927. Betsy a fait une réapparition en 1930 pour suppléer les équipements motorisés tombés en panne.
On estime que 5000 pompes à incendie à vapeur et à traction animale ont été fabriquées aux Etats-Unis. Aujourd'hui, il en reste 400 dont 45 du type de Betsy, des Silsby, de différentes tailles. Beaucoup sont en très mauvaise condition, parfois dans des musées. Seules 2 Silby -dont Betsy- sont encore en état de marche.
Betsy avait été retapée une première fois en 1909 alors qu'elle était encore en activité. Elle fut à nouveau restaurée en 1955 alors qu'elle était la propriété des pompiers volontaires de Chariton depuis 1947.
Sabot, ferrure : voilà toujours un sujet d'étonnement pour qui découvre les traits américains. En tout cas, les chevaux qui se consacrent à l'attelage de prestige. Le trait agricole et le trait de traction,eux, ont su garder les pieds sur terre et ne se donnent pas "de grands airs" comme le fait leur frère de show.En feuilletant le dernier numéro du "Draft Horse Journal", le magazine des chevaux de trait aux Etats-Unis, j'ai eu une agréable surprise. Dans un article intitulé Export "Eh", Brenda Hunter relatait les dernières exportations de chevaux de trait américains. Un passage a retenu mon attention. Voici la traduction, dans son intégralité :
"En plus des Belgians et des Clydesdales, il y a eu aussi quelques exportations récentes dans la race percheronne.
Chad et Rhonda Cole -de Pennwoods Percherons, Centre Hall, Pennsylvanie- ont récemment vendu un étalon percheron à la Société Hippique Percheronne de France. Trois représentants français sont arrivés en Amérique du Nord au début de l'année 2010 : le directeur du haras, un juge équin et un éleveur local. Ils ont fait le voyage ensemble vers les Etats-Unis en janvier, à la recherche d'un étalon pour leur pays.
"Ils sont arrivés à l'improviste, un soir", dit Chad Cole. "Je n'avais rien de particulier à vendre à cette époque-là, mais ils ont repéré un étalon qu'ils voulaient revoir à la lumière du jour, et nous avons pris rendez-vous pour le lendemain matin". L'étalon qu'ils avaient repéré avait été acheté par les Cole l'année d'avant. Les Cole n'avaient pas encore eu l'occasion de l'utiliser sur aucune de leurs juments car elles étaient toutes pleines au moment de l'arrivée de l'étalon, elles n'avaient pas encore pouliné et n'ont donc pas pu être saillies par cet étalon.
En fait, les Cole avaient déjà annoncé que l'étalon servirait chez eux, quand les Français sont arrivés. "Quelques années avant, nous avions exporté vers l'Italie un fils de Pleasant View king qui avait donné de bons résultats. Ils étaient donc au courant de la génétique qu'ils souhaitaient. Nous avions aussi exporté vers la France, il y a à peu près 4 ans, quelques juments percheronnes qui leur ont donné satisfaction. L'étalon que nous leur avons vendu est un fils de Blackhome Grandeur Lyn par une fille de Pleasant View King. Pour ce qui est de la génétique, c'était exactement ce qu'ils souhaitaient", ajoute Rhonda Cole. "Ils veulent améliorer ce qu'ils ont déjà là-bas et moderniser leurs chevaux en produisant des chevaux plus grands, plus typés attelage, avec une encolure plus longue et plus de présence, tout en restant fidèles à leurs caractéristiques de chevaux avec de bons pieds et beaucoup d'os. Notre étalon de 5 ans Hannah Hill Kemo Sabe faisait leur affaire".
Chad continue : "Le lendemain, ils sont revenus, je leur ai amené l'étalon et ils l'ont inspecté. Ils avaient tous une grille avec un système de notation, et ils ont noté l'étalon selon une échelle de 1 à 5. Tout était là, sur une feuille. Ils avaient les critères exacts que l'étalon devait remplir pour rentrer dans la grille. Même si j'avais fait les plus belles ventes du monde, si ça ne collait pas avec leur grille, ce que je leur disais n'avait aucune importance. Ils se sont décidés tout de suite. En une semaine, le marché était conclu".
La barrière de la langue a été quand même un peu problématique. "Cela a pris un peu plus de temps parce que tout devait être traduit, tous les e-mails, etc... Ils ne parlaient pas très bien anglais et nous ne parlons pas très bien français", raconte Rhonda en riant.
"Nous venons de vendre des chevaux en Colombie et cette affaire-là a demandé beaucoup plus de temps", précisent les Cole.
Pour consulter le Draft Horse Journal : http://www.drafthorsejournal.com/
Nous faisons un arrêt de 4 jours dans la petite ville de Topeka, au nord de l'Indiana, à environ 200 km à l'est de Chicago. Nous sommes au coeur d'une zone fortement peuplée par la communauté amish.
Le Horse Pulling n'est pas un simple loisir de ruraux, aux Etats-Unis. Toutes les races de chevaux de trait ainsi que les mules participent aux différents concours qui sont affaire de professionnels. Au concours-vente de Topeka, il n'y avait que des belgians.
En général, les concours se décomposent en deux catégories : les légers et les lourds. La limite entre les deux se situe à 3300 livres pour la paire (un peu moins de deux tonnes). Le poids des chevaux présents à Topeka s'étageait entre 800 kilos et 1200 kilos. La plupart étaient des hongres de 5 à 9 ans.
On comprend qu'il s'agit pour les chevaux d'être entraînés au plus haut point. Les trois mois qui précèdent la saison, les chevaux sont travaillés de 3 à 4 heures par jour. Quand la saison commence, l'entraînement est ramené à 1 heure par jour.
La paire qui a gagné le concours a ouvert la vente, programmée à 18 heures. Bilan : 31500 dollars pour le 1er hongre et 21000 dollars pour le 2nd (retirer 30% pour avoir les prix en euro). Mais ces prix se sont vite effondrés avec les chevaux qui ont moins bien figuré. La plupart des chevaux se sont vendus entre 1700 et 4000 dollars, souvent aux alentours de 2000 dollars. Plusieurs chevaux ont été retirés de la vente, faute d'enchères suffisantes.