vendredi 9 octobre 2026

Au Concours Central Hippique

 

Fourragère utilisée par les grandes compagnies de transport pour leurs approvisionnements (capacité de charge 800 bottes de fourrage pressé de 5 kg. l’unité) 
Photographies originales, vers 1890, tirage aluminé, 17x12cm. 
Coll. Etienne Petitclerc


Étienne Petitclerc, spécialiste bien connu de l'histoire des chevaux de trait, nous transmet ces superbes documents , datant des années 1890, accompagnés d'un texte explicatif :

Depuis 1865, chaque printemps, pendant 3 semaines, le Concours Central Hippique de Paris célèbre au Palais de l’Industrie - puis au Grand Palais - le cheval dans toutes ses excellences. Les chevaux de trait ont bien sûr leur place notamment lors des concours d’attelages. Les chevaux Percherons y sont majoritaires. Camions, fourgons, chariots de brasseurs, fardiers, tombereaux, matériels de secours et d’incendie, bétaillères d’équarrisseur, corbillards, etc., toutes les voitures utilitaires y sont représentées réparties en 3 catégories : attelage à 1 cheval, à 2 chevaux, à 3 chevaux et plus (85 attelages en 1891 !).
Lisons ce que Henry de Loncey, redoutable chroniqueur, écrit dans L’Acclimatation, journal des éleveurs en 1893 :
« Un mot en passant du défilé des attelages à 4 et du concours des chevaux de trait. L'attelage à 4 a grand air surtout lorsqu'il est irréprochablement appareillé et mené avec une maestria de rigueur en pareil cas. Cette année il y a eu de nombreux mails seulement (…) il n'y avait rien de bien marquant. (…) Ce qui nous a aussi frappé c'est le peu de brio dans le maniement des guides.
Leur maître à tous s'est révélé le lendemain dans le concours des chevaux de trait attelés. Nous avons vu là un simple charretier conduisant une fourragère à 5 chevaux appartenant à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest qui a obtenu un vif et légitime succès. Quelle sûreté de main ! Quel coup d'œil chez ce leader en blouse (…) lorsqu'il lançait dans l'arène ses 5 et vigoureux Percherons gris pommelés exécutant une série de changements de main et de huit sans saccades, sans à-coups, que soulignaient des retentissants appels de fouet sonnant dans l'air comme une joyeuse fanfare. De tous côtés partaient des tribunes des bravos nourris et prolongés, qui devait quelque peu agacer les cochers galonnés et poudrés des mails obligés de s'incliner devant la blouse du charretier. »

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