lundi 9 novembre 2009

Ils Ont Fait La Foire

La foire de la Bazoche-Gouet en Eure-et-Loir a pris place en quelques années dans le calendrier des événements percherons. Organisée conjointement par la Municipalité de la Bazoche-Gouet et le Syndicat du cheval percheron d'Eure-et-Loir et du Loir-et-Cher, cette foire dite "de la Saint-Martin", a accueilli un peu plus de 50 chevaux. Des poulains de l'année et des hongres puisque c'est à l'occasion de ce rassemblement qu'a lieu le seul concours percheron pour les hongres. Tour de foire en images.

vendredi 6 novembre 2009

La Vie Sans Paillettes

Monsieur Shimomura nous montre Kin-Hiné, "Princesse Dorée", la jument pommelée qui n'est autre que la fille de Joyeux, le dernier étalon percheron à rejoindre le Japon.
La ferme d'Etat de Tokachi, à une vingtaine de kilomètres au nord de Obihiro dans l'île de Hokkaïdo, ne manque pas d'espace, avec ses 4000 hectares, pour nourrir son troupeau de 140 chevaux, composé pour une moitié de percherons et pour l'autre moitié de bretons pures races.
L'Etat japonais dispose de 11 fermes d'Etat réparties sur tout son territoire. Celle de Tokachi est la seule à accueillir des chevaux de trait. Avec ces fermes d'Etat, les Japonais entendent maintenir des réservoirs d'animaux en races pures et accomplissent de nombreuses recherches dans le domaine de la génétique animale ainsi que dans d'autres domaines liés à l'agriculture.
Avec ses chevaux percherons et bretons, la ferme de Tokachi assure le renouvellement de reproducteurs pour les éleveurs de chevaux de trait de l'île de Hokkaïdo et des provinces du nord du pays. Ces éleveurs ont pour objectif principal la production de viande de cheval, ce qu'ils font surtout à partir de croisements entre ces différentes races. Les élevages de l'île fournissent aussi les chevaux qui font carrière dans les compétitions de ban'ei.
Les élevages de chevaux de trait au Japon se sont constitués par des importations massives de percherons, de bretons et de traits belges, pour l'essentiel, pendant de très longues années. Mais ces importations se sont totalement arrêtées il y a quelques années.
Kazuo Suzuki, directeur-général de la ferme de Tokachi (photo ci-dessous) ne cache pas le besoin de nouvelles souches de reproducteurs percherons et bretons. Mais dans la situation économique actuelle, les coûts d'importation d'étalons français s'avèrent trop élevés. A cela s'ajoute la demande gouvernementale de réduire la taille du troupeau de chevaux de trait de la ferme de Tokachi. Il faut savoir que cet établissement a compté jusqu'à 600 chevaux de trait de races pures. Pour Kazuo Suzuki, l'importation de semence serait la solution à mettre en place.
Avec le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Australie et d'autres pays moins éloignés, le Japon serait donc intéressé par l'importation de semence de chevaux de trait de souches françaises. Il semble que France Trait -en charge de la promotion des 9 races de trait françaises- soit très consciente de ces problèmes à l'international et que l'association -qui n'a que quelques années d'existence- ait engagé une réflexion et un plan de travail sur l'éventuelle mise en place d'une filière d'exportation de semence trait vers l'étranger.

jeudi 5 novembre 2009

Un Vrai Village

  • Au premier plan, un trait de type percheron à l'entraînement.

Avec 550 chevaux en résidence pour les courses de ban'ei, l'hippodrome de Obihiro sur l'île de Hokkaïdo s'apparente à un vrai village. Plusieurs dizaines de bâtiments (photo ci-dessus) situés à environ 300 mètres de la piste officielle abritent au rez-de-chaussée les chevaux et à l'étage les humains.

Les carottes, à la tonne et le foin, à la pelle, sont bien évidemment destinés aux chevaux qui rendent de fréquentes visites aux deux maréchaux-ferrants et à la clinique vétérinaire disponibles sur le site (photos dans les jours à venir).
Parmi les nombreux entraîneurs rencontrés, voici Koji Minagawa (ci-dessus) et Hidekatsu Matsumoto (ci-dessous). En 2001, tous deux étaient encore jockeys et ils avaient fait le déplacement au haras du Pin pour le Congrès mondial du percheron. Bien sûr, les souvenirs restent gravés dans leur mémoire. Koji reconnaît que le voyage avait été dur : "Il fallait toujours boire du vin". Supportable quand même, puisque Hidekatsu affirme sans hésiter : "Pour le Congrès de 2011, on est prêts à y retourner".

Avec "La Balade du Perche"

Il y a quelques jours, Madeleine et Marcel Lelièvre ont présenté leur nouvelle voiture hippomobile adaptée au transport des personnes à mobilité réduite.
C'est à Margon près de Nogent-le-Rotrou en Eure-et-Loir que la cérémonie officielle a eu lieu, en présence d'élus et de notables de la région nogentaise. Cela fait de nombreuses années que La Balade du Perche propose des visites en attelage de la ville de Nogent-le-Rotrou. Avec ce nouveau véhicule, Madeleine et Marcel Lelièvre sont désormais en mesure de répondre aux attentes de nombreuses institutions (maisons de retraite, instituts médicalisés...) en recherche d'activités pour leurs pensionnaires.
Madeleine et Marcel Lelièvre se déplacent à la demande, dans un rayon de 50 km autour des villes de Ceton et de Nogent. Mais ils peuvent à l'occasion accepter des déplacements plus lointains. La Balade du Perche s'est aussi fait une spécialité des mariages et sorties touristiques en tous genres. Le Père Noël fait aussi partie des clients attitrés de Madeleine et Marcel.
N'hésitez pas à les contacter pour de plus amples informations :
La Balade du Perche : 06.10.53.30.73.

mardi 3 novembre 2009

Le Ban'Ei par Passion

  • Dans le hall de la gare de Obihiro.

Les courses de ban'ei emploient environ 300 personnes, qui travaillent quotidiennement autour des 550 chevaux. Ces chevaux retournent de temps à autre passer des périodes de repos chez leurs propriétaires qui sont dans la grande majorité de l'île de Hokkaïdo. Les chevaux de ban'ei ne peuvent pas participer à plus d'une course tous les 15 jours.

Tout le monde, hommes et chevaux, vit sur le site de l'hippodrome. Tous les matins à 3 h en été et à 4 h en hiver, les entraîneurs prennent les chevaux en charge. L'entraînement s'achève à 8 h. Les jours de courses, la première épreuve a lieu à 11 h 30. Les courses, 12 par réunion, se succèdent jusqu'à 17 heures.
Les jockeys sont au nombre de 30, présents eux aussi sur le site toute l'année. Ils montent les chevaux en course en fonction des souhaits des propriétaires et des entraîneurs. Ils ne peuvent pas participer à plus de 7 courses par réunion.
A chaque course, les gains varient. Parfois seuls les 3 premiers chevaux sont récompensés (90000 Yen = 680 € ; 18000 Yen = 140 € ; 10000 Yen = 75 €). Parfois ce sont les 5 premiers qui obtiennent un prix (110000 Yen = 850 € ; 22000 Yen = 170 € ; 13000 Yen = 100 € ; 6000 Yen = 45 € ; 4000 Yen = 30 €). Chaque réunion comporte une course ou deux avec des prix plus importants (180000 Yen = 1400 €, pour le premier). Les gains sont partagés entre le propriétaire (85%), l'entraîneur (10%) et le jockey (5%).

  • Les parieurs gagnants reçoivent leur argent grâce à des machines automatiques.

  • "Café de Percheron", le café de l'hippodrome de Obihiro.

Entraîneurs et jockeys mènent une vie très dure. Le rythme de travail est très difficile à tenir. De plus, tout ce petit monde ne bénéficie d'aucunes vacances. Au niveau financier, leur situation est aussi difficile et beaucoup -en particulier les plus jeunes- mènent une vie assez précaire. Mais le maître mot qui revient en permanence dans leur bouche explique leur présence : la passion.

lundi 2 novembre 2009

En Piste pour le Ban'Ei

Interrompues pendant quelques mois en 2006 en raison d'une gestion déficitaire sur les 10 années précédentes, les courses de ban'ei de l'île de Hokkaïdo ont repris mais ne se déroulent plus que sur un seul hippodrome, celui de Obihiro, alors qu'elles tournaient sur 4 hippodromes auparavant. Au final, le nombre de courses par année n'a pas changé.
Cette discipline -qui s'est vue décerner le titre de "Patrimoine culturel national" fait évoluer des chevaux de trait qui doivent tirer des traineaux de 500 à 700 kilos sur une piste en sable de 200 mètres avec deux buttes, l'une haute de 1 mètre et l'autre de 1,5 mètre- bénéficie de la participation financière du groupe de téléphonie SoftBank. La ville de Obihiro est aussi totalement engagée dans le soutien aux épreuves de ban'ei. Les revenus du ban'ei proviennent de paris qui sont effectués sur les courses. Chaque réunion de 12 courses enregistre entre 6 et 7 millions de Yen de paris (1 € = 132 Yen). Le ban'ei a connu une période où les paris étaient de 100 millions de Yen par réunion.
La participation de SoftBank, vitale, est reconduite par contrat annuel et l'objectif d'arriver rapidement à une gestion qui ne soit plus déficitaire conditionne l'avenir de SoftBank avec la discipline du ban'ei.
Les courses se déroulent toute l'année, même au coeur de l'hiver quand le froid sibérien frappe l'île de Hokkaïdo. La température peut alors descendre jusqu'à -20°. Les courses ont lieu le samedi, le dimanche et le lundi, avec 12 épreuves de 10 chevaux chacun de ces jours.
Dans les dernières décennies, les Japonais ont fréquemment fait appel aux traits percherons, bretons et belges pour constituer leur armada de chevaux de ban'ei. Les croisements entre ces trois races ont été la règle, et les chevaux de race pure sont aujourd'hui assez peu nombreux. Cependant, la présence de chevaux noirs et de chevaux pommelés atteste de la présence de percherons de race pure (assez rares) ou de croisés qui ont gardé de très forts caractères percherons.

samedi 31 octobre 2009

Au Pays du Soleil Levant

Dans sa chaleureuse ascension, l'astre solaire réserve chaque matin ses premières caresses aux chevaux de trait de ban'ei. Dès 4 heures du matin, les 550 chevaux de trait de cette discipline née en 1946 dans l'île japonaise de Hokkaïdo s'entraînent sur l'hippodrome de Obihiro, le seul depuis 2006 qui organise des courses de ban'ei.
La météo locale peut à coup sûr annoncer chaque jour de la brume sur l'hippodrome entre 4 et 8 heures. Percherons, bretons, traits belges et "croisés", de par leurs efforts, y dégagent des nuages de vapeur d'eau que le soleil s'ingénie à teinter d'orange.
A suivre, une multitude de sujets sur les chevaux de trait dans l'île de Hokkaïdo. Courses de ban'ei, ferme d'Etat, vente aux enchères... Des rencontres aussi. Tout cela entrecoupé de sujets sur nos traits hexagonaux.