vendredi 16 octobre 2015

On Nous A Envoyé

Ce "On nous a envoyé" composé de trois plats vous sera servi à domicile par Josiane & Guy Mulowsky, Anne Weide & Jérôme Vos et Valérie Bouteloup.
En premier lieu, l'entrée.

Josiane & Guy Mulowsky.


Josiane & Guy reviennent du Canada où ils ont rencontré Éric Chrétien, l'éleveur et maréchal-ferrant québécois bien connu (photo ci-dessus, élevage Éric Chrétien). 

Puis ils ont fait la fête, la fête western, à Saint-Tite.





Le second plat, le plat de résistance, nous a été concocté du côté du jardin de l'Espérande en Charente.

Anne Weide & Jérôme Vos.




Dur-dur, le maraîchage, nous disent-ils. Ils nous donnent aussi des nouvelles de leurs traits belges : "Nous avons eu une saison difficile, trop sèche, trop en retard, nous avons juste pu remplir les paniers. Depuis le début de septembre nous sommes à l’aise, mais avant c’était dur. Les juments vont bien, une a été mordue par une vipère, l’autre a une bosse sur la nuque, mais ça va..."









Maintenant, c'est le moment de passer au dessert. Un dessert préparé par Valérie Bouteloup. En faisant de Qésako la cerise sur le gâteau, Valérie était certaine d'avoir assez pour nourrir tout le milieu percheron.
Bon appétit à tous.

Valérie Bouteloup.



mercredi 14 octobre 2015

Images "National"

Mathieu Pavé, éleveur branché du 21ème siècle.

Marie-Ange Lebréquer, lancée au grand galop vers le futur percheron.

La vie intime et percheronne de Caroline Lebaron.

Étienne Châtel vient de lancer une plateforme de covoiturage qui connaît un réel succès.

Diflorus avait le numéro 53, normal pour Rémy Buchot, éleveur mayennais.

Corentin Jousset, en simple en 2014, était en paire cette fois.

Stanislav Simonenko s'apprête à monter son Quénio de blanc vêtu.

Rowena McDermott et Simonetta Ferrarin ont sans doute parlé de la grande manifestation percheronne qui aura lieu en Angleterre en juin 2018 pour fêter les 100 ans de la Société percheronne britannique... avec la présence de percherons d'utilisation européens. 
Une année 2018 chargée, avec un anniversaire en Angleterre et un Congrès mondial en octobre aux États-Unis.

mardi 13 octobre 2015

In Memoriam

En voyant Michelle Deleuze le visage grave s'avancer seule vers moi samedi en milieu d'après-midi lors de la journée des percherons mâles au Haras du Pin, j'ai tout de suite compris.

Jacques Deleuze était de ceux que l'on appelle les passionnés de la race. On avait l'habitude de le voir depuis de longues années, appareil photo autour du cou, toujours discret, à l'occasion du concours national ainsi que sur les concours départementaux. Il sillonnait aussi les terres percheronnes à la rencontre des éleveurs et des chevaux. Certes je ne l'avais pas vu cette année au départemental de l'Orne à Mortagne-au-Perche. Un concours dont il était un habitué. 
Ce samedi-là, au Pin en fin de matinée, j'avais bien noté son absence...
"Jacques est mort en février".


Michelle Deleuze nous a fait parvenir quelques lignes retraçant la vie de son époux, et quelques-unes de ses photographies percheronnes.
Au revoir, Jacques.

"Jacques Deleuze est décédé au début de février 2015.
Né à Dame-Marie, près de Bellême, ce fils d’agriculteurs avait caressé l’idée de succéder à ses parents dans l’exploitation de la ferme familiale.
Un cursus d’ingénieur agri-agro (Université de Lille) et son métier de consultant auprès des plus grands groupes coopératifs agricoles n’ont pas permis la réalisation de ce rêve d’enfant.
Il avait conservé toutefois un lien fondamental avec le Perche, et avec le cheval percheron en particulier.
Voici comme il raconte la naissance de cette « passion » :
« C’était en seconde moitié d’un après-midi de printemps dans la cour de la ferme, avant d’avoir l’âge d’aller à l’école, je devais avoir tout juste quatre ans. On l’avait entendu venir sur le chemin, le claquement sur le sol de ses sabots ferrés se mêlant au cliquetis de son cœur de poitrail. Pommelé, gris foncé et poil lustré, l’étalon qu’on croisait de temps à autre sur le chemin ou la route, un des rouleurs qui parcouraient la campagne au printemps allant de ferme en ferme pour y servir les juments et assurer l’avenir, est arrivé. Mon père est allé chercher la jument et l’a amenée au milieu de la cour pour lui présenter…./… J’ai eu le sentiment que j’avais entrevu là, manifestée par l’étalon, une primitive et fabuleuse énergie… »







"Vous avez sans doute croisé Jacques Deleuze, ces vingt dernières années, lors de tous les évènements majeurs émaillant l’année percheronne. Il sillonnait le Perche, du Haras du Pin à Mortagne, à Bellême, à Nogent etc., l’appareil photos en bandoulière. En effet, sa sensibilité avait trouvé son canal d’expression dans la photographie.
Il aimait plus que tout partager des moments forts avec des hommes et femmes de passion, et recueillir le récit de leurs expériences et de leur parcours singulier : monsieur Merel à la Vanoise, monsieur Blanchet en tournée avec Rivulus, Estelle, Joseph Dudouit au Haras du Pin, Davy et Valérie Gesbert à la Petite Croix, madame Vadé, d’autres encore. 
Sans oublier ces acteurs incontournables : Czar, Léo, Rivulus, Titus de Vanoise et tous ces splendides étalons qui ont incarné pour lui l’essence même du cheval percheron.

Un ouvrage regroupant des photographies de Jacques Deleuze selon les quatre thèmes  qu’il avait envie de capter et de donner à voir, (des espaces, des taureaux, des étalons, des femmes), est en projet."








lundi 12 octobre 2015

Le Labour Et La Boue


Si par hasard, ces jours-ci, vos pas vous mènent dans ceux de Jean-Luc Bâcle (photo ci-dessus), demandez-lui donc ce qu'il pense du labour équin en Suisse normande.

Jean-Luc, donc, mais aussi Léo Ricard, Jean-Boris Bois, Bernard Bazélis, Jean-Paul Moureau et quelques autres ont bien pataugé lors de l'épreuve de labour de la 1ère Route de la Suisse normande. Une épreuve transformée en bouts de rang en bain de boue. En cause, quelques averses drues, intempestives -Normandie oblige, diront certains- avant et pendant le concours.
Une pensée reconnaissante pour l'inventeur de la machine à laver.








samedi 10 octobre 2015

Christophe Bordez Répond À Tous

Chers amis.

La passion a frappé ! Le cheval de trait, c’est avant tout une affaire de cœur ! Le blog de (notre) Jean-Léo ;)) exprime toute sa raison d’être.

Je vais tenter de synthétiser ma réaction suite aux vôtres. En premier lieu, ma volonté n’est absolument pas de mettre le feu aux poudres, de détruire quoi que ce soit mais bien de construire et faire bouger les lignes. De par le passé, j’ai pu faire preuve de véhémence ou de maladresse (sur ce même blog) et m’en excuse. Mon intention ne fut cependant pas de blesser mais faire bouger une planète figée et non réceptive. Je n’ai rien à gagner (ni à perdre d’ailleurs !).

Tout d’abord, pour les néophytes, la SHF (Société Hippique de France) a pour mission la promotion de l’élevage et la valorisation des jeunes chevaux dans des disciplines CSO, dressage, endurance, attelage (et d’autres je pense). Vous pouvez aller sur son site pour découvrir ses missions et actions. Elle a fêté son 150ème  anniversaire d’existence cette année.

Que ce soit bien clair, les concours d’élevage sont vitaux. Simonetta le souligne très justement, ce sont eux les garde-fous permettant de ne pas tomber dans du grand n’importe quoi comme aux USA où les percherons sont en train de devenir d’autres chevaux. Mon propos n’est pas une critique, Pierre-Yves, simplement peut-on imaginer faire évoluer l’existant pour s’adapter à notre monde qui change, ou donner du sens à ces concours d’élevage. Je retiens l’idée de Gérard pour développer l’équité : avoir plusieurs examinateurs qui jugent simultanément  seuls. La note finale serait obtenue par la moyenne. Tout comme en attelage de compétition où, selon le niveau de l’épreuve, les juges sont au nombre de 3 à 5 (en élite 7) autour de la carrière, sans communication entre eux. Les examinateurs des concours attellent-ils des chevaux ? Sont-ils informés  des disciplines existantes ouvertes aux chevaux de trait ? Ne rien connaître à l’attelage, c’est justement  là  que le bât blesse. 

L’attelage constitue probablement le principal  débouché de nos chevaux. Ceci est comparable à un constructeur automobile qui produirait des voitures sans se soucier des contraintes environnementales, de sécurité, règlementaires, de confort, etc. ; ses produits ne correspondraient pas aux attentes des automobilistes. Des éleveurs pratiquent l’attelage et c’est rassurant. Oui Virginia, il serait intéressant que l’éleveur reparte avec une feuille de jugement (plus détaillée  que celle existante et une par juge) avec les commentaires positifs comme négatifs sur l’animal. L’éleveur saurait sur quoi progresser, tout comme le meneur qui récupère les protocoles notés et commentés par chacun des juges lors de la remise des prix à la fin du concours.  

Quand  je gagne, ce qui me fait plaisir ce n’est pas le fait d’être devant les autres. Ce qui me remplit de satisfaction c’est de voir mon travail récompensé (et pas forcément à la première place) par l’évolution de ma notation. L’élevage ne peut pas être une compétition. Je l’ai davantage ressenti comme étant viscéral. La principale difficulté, qui est aussi une force dans notre race, est d’ordre génétique ! Pas la génétique des chevaux, mais celle des éleveurs de percherons !  Il y a un gène « élevage » !  Cette catégorie d’éleveurs ont leur activité d’élevage dans le sang, leur principal souci est plus de faire naître des poulains que de s’interroger sur leur devenir. Et je rejoins Francis, heureusement que ces éleveurs authentiques existent (ou ont existé, hélas) ces derniers permettent de bénéficier d’une diversité et d’un large panel de chevaux. Seulement aujourd’hui, le nombre de naissances est en diminution. Les poulains qui arrivent ou arriveront doivent, à plus forte raison, servir à quelque chose ou avoir une raison d’exister (en dehors de celle d’être présenté à un concours), sous peine de diminution des effectifs  globaux de la race.

Le cloisonnement de la planète percheronne constitue une véritable menace pour elle même. Je trouve pourtant l’idée de Sylvie tellement innovante et géniale : une ligne percherons  d’élevage et une autre percherons d’utilisation.  Les Franches-Montagnes sont jugés sur une batterie de tests d’utilisation avant de rentrer dans leur Stud-book. C’est vrai, la demande a peu changé, on attelle tout de même davantage à la voiture qu’à un brabant de nos jours. Pour avoir discuté avec des éleveurs , c’est vrai Marion que des éleveurs s’adaptent, font l’effort de se mettre à l’écoute, c’est la partie cachée de l’iceberg dont je parle dans mon texte… Ce sont sûrement ceux qui seraient intéressés par  la ligne utilisation dont parle Sylvie. Les autres races ont des soucis, voire de très gros soucis, exception faite des Bretons et Comtois (et Franche-Montagnes si tant est que nous pouvons parler de chevaux de trait)  qui ont beaucoup plus « fédéré » leurs énergies, leurs idées.

Oui, le prix aurait été différent si Charly avait été approuvé et je ne l’aurais probablement pas acheté. 

Oui, le prix des chevaux percherons constitue probablement un frein à leur utilisation. Je sais, c’est tabou dans le milieu. Mais franchement, que l’animal soit approuvé ou non, cela n’est absolument pas déterminant pour un utilisateur. D’ailleurs, que deviennent les étalons approuvés ? Que font-ils ? Existe t-il une telle demande de saillies qui justifie un tel nombre d’approbations ? Par contre il existe une demande en utilisation, certes trop minime pour faire vivre tous les éleveurs.

Les 450 € de gains, c’est pour l’ensemble des 7 concours disséminés entre le Pin et Compiègne (le gazole est loin d’être payé !!! et je ne vous parle pas du reste !!! Sinon il faut se convertir à l’attelage de jeunes chevaux en SHF ;))

Pour ce qui est de l’assiette, Corine, la mienne n’est vraiment pas très bonne (c’est pour cela que je me suis mis à l’attelage ;)). Ma femme et mes filles se chargent de ce domaine, dans les deux sens du terme d’ailleurs, c’est génial ! Et je n’ai pas la prétention d’être un «  guide ».

Enfin, pour l’anonyme qui me demande si Charly est entier ou hongre, cher M ou Mme X, je ne répondrai pas, parce que pour faire avancer il faut prendre position en se montrant avec courage. Ou, si vous êtes un homme, avoir des c------es puisque c’est le seul intérêt que vous portez à l’histoire.

En conclusion je terminerai par une phrase célèbre prononcée par M. Chirac à Johannesburg lors d’un sommet de la terre : « notre maison brûle mais nous regardons ailleurs ». Il nous faut réagir vite et surtout donner du sens. Je me suis « raréfié » (!) sur le blog, adoptant la tactique que mentionne Sylvie (et que hélas beaucoup d’autres ont adopté), c’est à dire celle de rester dans son coin, c’est plus tranquille et reposant. Je vous remercie de l’attention que vous avez prêtée à mon sujet.

Tous ensemble !
Percheronnement

Christophe

vendredi 9 octobre 2015

Histoire D'Un "Modèle Insuffisant"

Avec une photo et un texte personnels, Christophe Bordez nous livre une tranche de vie percheronne.

Christophe Bordez et Charly de Montfrou.

"En septembre 2014, mon épouse, mes filles et moi nous nous rendons au National du percheron avec nos deux juments qui étaient conviées à passer les tests de caractérisation orchestrés par Sandra. À ce petit monde s'ajoutent deux amis meneurs de cobs, compétiteurs et «Routeurs».

C'est la sortie familiale et amicale "plaisir", le soleil est radieux, je me réjouis des moments en perspective. Sitôt arrivés, nos regards sont attirés par un mâle noir de 2 ans : Charly de Montfrou (par Seigneur des Hâtes et Sultan de l'Horizon par Magic du Gué). Cet animal attire la sympathie : belle tête, regard sympa, harmonieux, de la classe, dos assez court, une charpente osseuse assez fine, pas trop grand. En même temps, à 2 ans la morphologie est loin d'être fixée... Nous discutons longuement avec son éleveur, aussi sympa que le cheval (ceci explique t-il cela ?). Lequel éleveur s'apprêtait à présenter son entier au grand examen de passage pour l'obtention du Graal de la reproduction.

Nous repérons d'autres chevaux, observons, questionnons des éleveurs, prenons des notes et des prix qui tournent autour de 4000 €, 5000 €, parfois 6000 €. Ce qui correspond à des prix de chevaux de selle sportifs au potentiel moyen à moyen+ (selle français, Kwpn...), débourrés, prêts à être utilisés ou déjà "plug and play"  en compétition de CSO, endurance voire début dressage (club). Je savoure du regard cette ébullition d'un jour (tantôt sucrée, tantôt épicée), le site du Pin avec ses rides témoins du temps qui passe, l'ambiance et les chevaux qui sortent de leurs herbages et  mis en beauté : un régal. C'est la planète percheronne qui se met en orbite le temps d'une journée, autour de l'astre central percheron : le Pin. Nous scrutons, mes amis et moi, les chevaux qui passent devant les examinateurs et jouons les juges en herbe en trouvant les mots les plus qualifiants."

Mickaël René et Charly de Montfrou au National percheron 2014.

Charly s'est fait recaler, à la surprise de son éleveur (et de la mienne mais je ne suis sûrement pas assez qualifié), motif : MODÈLE INSUFFISANT. 

Quelques semaines plus tard, j'ai acquis Charly pour en faire un cheval d'attelage loisir, sportif compétition. Un travail d'éducation basique avait été effectué par l'éleveur, ce qui est très bien. J'ai approfondi son éducation et fait son débourrage à la voiture. Charly, âgé maintenant de 3 ans, a fait cette saison d'attelage en jeune chevaux SHF 1ère année. Sur 7 concours : une élimination (1er concours), une 2ème prime et cinq 1ères primes… L'apothéose fut atteinte ce dimanche en interrégional à la finale nationale SHF à Compiègne où nous avons terminé 1er au classement des 1ère année. Total des gains cette année aux alentours de 450 €. Avouez que pour un modèle insuffisant, c'est excellent !.... C'est une grande satisfaction et Charly n'a pas encore tout dévoilé...

Cette histoire de modèle insuffisant illustre un paradoxe. Alors que les éleveurs et utilisateurs sont normalement en osmose, les examinateurs jugent par rapport à un standard et non par rapport à une attente d'utilisateurs ou une demande. Se posent-ils la question : de quels chevaux avons-nous besoin ? Pourquoi juger un animal insuffisant à deux ans ? Insuffisant pour faire quoi ? Pourquoi classer un animal en diligencier à 2 ans alors que sa croissance n'est pas finie ? J'ai vu des champions diligenciers qui n'ont plus rien de diligencier aujourd'hui. J'ai la vague impression que ces deux jours de jugement suprême intègrent un folklore local ayant pour objectif de tenir en haleine une poignée de passionnés de moins en moins nombreux. Il devrait y avoir corrélation ou coordination pour savoir quoi produire.

Bref messieurs les éleveurs, si vous pouviez continuer à faire des MODÈLES INSUFFISANTS comme Charly de Montfrou, je suis persuadé que nous verrions plus de percherons sur les concours sportifs ou ailleurs. Je pense qu'il est déjà trop tard, hélas !

Je reviendrai bientôt faire part  de réflexions, de constats, consécutifs à mon expérience de menage de percherons. Oui je sais, ça ne sert  à rien ; mais les percherons, je les utilise et je constate des tendances qui se dégagent. J'en ferai état sur le blog de Jean-Léo (meilleure audience) car je sais qu'une partie cachée de l'iceberg (fondant) est attentive.
Allez, tous ensemble les percherons !
Percheronnement."