"Regarder, regarder encore, regarder toujours, c'est ainsi seulement qu'on arrive à voir." Jean-Martin Charcot
mardi 8 septembre 2015
lundi 7 septembre 2015
Échos Percherons
Dans sa toute récente Newsletter du mois de septembre, la PHAoA revient sur la visite annoncée en France de son Comité Marketing.
Après le concours national au Haras du Pin et une visite d'élevages dans le Perche le lendemain, les membres du Comité rendront visite à la Garde Républicaine le mardi 29 septembre.
dimanche 6 septembre 2015
L'Europe Du Débardage
Ole Sandas, Norvège, avec des chevaux de race Döle.
Quelle étrange profession que celle du débardage au cheval qui voit certains de ses membres mettre à profit quelques-unes de leurs journées de repos, bien méritées, pour s'affronter dans des compétitions à connotation sportive et au titre ronflant : championnat d'Europe.
Certes, les "concours" existent dans bien d'autres professions. Dans le domaine alimentaire, par exemple. Dans la Sarthe, on pense bien sûr au concours des meilleures rillettes, dans l'Orne, du meilleur boudin. Il s'agit à chaque fois de juger les qualités gustatives d'un produit, le plus souvent artisanal. Il y a aussi les César qui récompensent les performances artistiques, ou encore les Prix qui couronnent des œuvres littéraires.
Mais, le débardage au cheval ? On ne juge pas un produit fini. Il faudrait dans ce cas-là juger le résultat du travail à la fin d'un chantier. Mais on reconstitue pour l'occasion un parcours "forestier" sensé reproduire quelques-unes de situations auxquelles sont confrontés les débardeurs en forêt. On juge donc une technique. Ce qui est intéressant, c'est l'outil. Un outil, le cheval, dont le maniement réserve bien souvent des surprises. Étrange monde que celui des débardeurs au cheval où l'on est parfois prêt à faire des centaines de kilomètres pour 9 minutes de compétition.
C'est peut-être qu'il y a autre chose que cet aspect compétition dans ces concours de débardage au cheval.
Équipée d'un collier des pays nordiques, Sara, trait du Schleswig, au danois René Larsen.
Venu de la région parisienne, Gilles Marty avec son ardennais Odilon.
Le Tchèque Josef Svoboda avec ses Noriker Sila Stanga et Vule Lola.
Le Français Jean-Jacques Séité avec son trait breton Ubert.
Les "championnats d'Europe" de débardage ont débuté en 2010. Composée d'une épreuve en simple et d'une autre en paire, cette compétition se greffe sur une manifestation liée à la traction animale en France, en Allemagne ou en Belgique (EuroForest, PferdeStark, Foire de Libramont). Il n'existe pas de réelle sélection pour participer à ces épreuves. La participation se fait donc sur le volontariat et le relationnel. La liste des engagés comporte toujours une forte proportion, environ 50%, de compétiteurs du pays organisateur.
Les palmarès passés :
2010. En simple, René Richard, Belgique ; en paire, Anton Laux, Allemagne.
2011. En simple, Patrice Breuskin, Belgique ; en paire, Matthieu Louis.
2012. En simple, Jurgen Duddek, Allemagne ; en paire, Matthias Rensing, Allemagne.
2013. En simple, Matthias Rensing, Allemagne ; en paire, Matthias Rensing, Allemagne.
2014. En simple, Florentin Guillaume, Belgique ; en paire, Anton Laux, Allemagne.
Anton Laux dans l'épreuve en paire, avec Susi et Ignaz, ardennais.
Pirou de Racelle, ardennais/haflinger au Belge Jean-Paul Moureau.
Le Belge Florentin Guillaume avec son ardennais Jules.
Le Français Jean-Louis Cannelle avec son cheval comtois Raglice.
Le podium de l'épreuve en simple
1. Jean-Paul Heck, Luxembourg
2. Florentin Guillaume, Belgique
3. Jens Nattermann, Allemagne.
Le podium de l'épreuve en paire :
1. Jean-Paul Heck, Luxembourg
2. Josef Svoboda, Tchéquie.
3. Vladimir Hajtmar, Tchéquie.
samedi 5 septembre 2015
Des Français En Allemagne
Cette édition 2015 du rassemblement PferdeStark dédié à la traction animale a été marquée par une forte présence française, qu'il s'agisse des exposants, des concurrents ou des spectateurs.
L'écurie percheronne des bières Porter a participé aux animations avec plusieurs tableaux attelés dont ce Ben Hur plein d'allant.
Attelée à des bœufs, à des chevaux de trait, la kassine de Prommata a été particulièrement en vue.
Côté exposants, l'entreprise VitiMéca spécialisée dans les outils vignerons s'est illustrée en remportant le prix de l'innovation avec son porte-outil Le Percheron. On a noté aussi une forte présence de l'association Prommata venue de l'Ariège, avec une kassine équipée de ses plus beaux atours, ses différents outils, qui lui permettent désormais des combinaisons sur 3 rangs grâce aux barres d'outil du bâti de la kassine.
Deux selleries françaises étaient aussi présentes, chacune avec sa version du collier de travail. La sellerie AFH de Stéphanie Boudin et la Sellerie percheronne de Sylvie Buschhoff.
Très attendu, le porte-outil Néo Bucher qui devait être présenté par l'association Hippotèse est resté dans ses cartons. La faute à des mancherons oubliés. Il faudra donc se rendre au Salon Tech&Bio à Bourg-les-Valence dans la Drôme les 23 et 24 septembre, pour découvrir cette version moderne du mythique porte-outil suisse. À moins que... non, pas deux fois !
Comme il y a deux ans, les percherons Vaillant et Picasso ont participé aux présentations de matériel.
Ce porte-outil à siège a été présenté par l'association autrichienne ÖIPK. www.pferdekraft.at
Jean-Louis Cannelle, rayonnant dans les situations orageuses.
Côté animations, trois Français ont participé au championnat d'Europe de débardage dans l'épreuve en simple : Gilles Marty, Jean-Louis Cannelle et Jean-Jacques Séité, qui se classent respectivement 7ème, 10ème et 12ème. Habituée de la fête et toujours très populaire, la troupe franc-comtoise Jéhol emmenée par Benjamin Cannelle n'a pas ménagé ses efforts, faisant à de nombreuses reprises étalage de la grande diversité de son répertoire.
Cette trépigneuse de marque Athens entraînait deux ateliers de travail du bois, l'un par entraînement à cardans et l'autre à courroie.
Les enfants de la terre.
Côté spectateurs, ils étaient particulièrement nombreux à avoir fait le long voyage depuis la France. certains, comme ces utilisateurs de la région Rhône-Alpes, étaient même venus en groupe. À l'heure de prendre la route du retour, au moment des séparations, on s'est dit "À l'année prochaine". Pas en Allemagne où le rassemblement PferdeStark n'a lieu qu'une année sur deux. Mais en France puisqu'un rassemblement du type Levier Franche-Comté Terre de traits pourrait avoir lieu... en Bourgogne. À suivre.
Jean-Jacques Séité sur le pont du concours de débardage avec Ubert, trait breton encore en apprentissage.
Gilles Marty avec l'expérimenté ardennais Odilon.
Les animations attelées et montées se sont succédé pendant les deux jours de l'événement.
vendredi 4 septembre 2015
Les Américains au Pin, Suite
Dans un article publié sur ce blog le samedi 8 août, nous faisions état d'une visite de plusieurs membres du Comité Marketing de l'Association percheronne américaine (PHAoA). Cette annonce avait été faite officiellement dans la Newsletter d'août de la PHAoA, avec le programme de la mission (concours national percheron au Haras du Pin et visites d'élevages dans le Perche), et ses objectifs (établir des relations de travail avec les instances françaises et européennes, et promouvoir en Europe les chevaux percherons américains).
Contactés par téléphone, les responsables de la Société hippique percheronne de France (SHPF) s'étaient montrés très surpris et avaient déclaré tout ignorer de cette visite. Une situation inhabituelle dans la longue histoire des relations percheronnes franco-américaines.
Un échange de mails avec la PHAoA nous a permis d'obtenir quelques précisions de la part de Andrea Detweiler, membre du Comité Marketing et qui devrait faire partie de la visite américaine en terre percheronne normande : "J'organise le voyage en France avec l'aide de Virginia Kouyoumdjian".
Une récente rencontre entre Lionel Blanchet, président de la SHPF, et Virginia Kouyoumdjian, programmée à la suite de ces annonces, semble avoir permis de dissiper, en partie, les interrogations et les zones d'ombre. "Je rencontrerai la délégation américaine à l'occasion du déjeuner de samedi, pendant la journée du concours mâles", confirme Lionel Blanchet.
Quant à Virginia Kouyoumdjian, elle explique son rôle dans l'organisation de cette visite par le fait qu'elle est la seule en France à être membre de la PHAoA, tout en soulignant que depuis le Congrès mondial de 2011 au Haras du Pin, "la SHPF s'est beaucoup écartée de l'international".
Selon Virginia Kouyoumdjian, la délégation américaine, composée non pas de 2 mais de 3 membres, aura pour objectif de "se rendre compte de ce que devient le percheron en France". Les Américains, conscients de vivre dans un certain isolement, voudraient apparemment s'ouvrir sur le reste du monde percheron.
Après les deux jours du Concours national au Haras du Pin, les 3 membres du Comité Marketing se rendront dans quelques élevages percherons du Perche. Des visites annoncées dans un premier temps sur deux jours et qui devraient finalement se dérouler sur une seule journée. On peut penser que cette tournée d'élevages ne sera guère différente de celle faite par les délégations anglo-saxonnes présentes au Congrès mondial de 2011.
Il faudra peut-être expliquer aux Américains que la géographie percheronne française du début du 21ème siècle n'a plus rien à voir avec celle des années 1880-1900.
Société hippique percheronne de France
Association percheronne américaine
Virginia Kouyoumdjian
jeudi 3 septembre 2015
Des Percherons En Suisse Normande
C'est avec plaisir qu'à l'occasion de la première Route de la Suisse normande qui se déroulera du 17 au 20 septembre dans le Calvados, nous retrouverons, trottant par monts et par vaux, une équipe percheronne portant haut les couleurs de la SHPF.
L'équipe percheronne sera composée de cinq meneurs, Claude Lefoll, Jérôme Singer, Jean-Marie Cœuret, Bernard Choplain et Jean-Luc Bâcle.
Cette Route de la Suisse normande verra s'affronter 8 équipes : deux équipes belges, deux équipes Cob normand, une équipe Trait normand, une équipe Trait d'avenir sarthois, et une équipe ACTIF.
Jourdant À L'Expo Universelle
Stéphane et Christelle Parrain, de l'entreprise Jourdant qui produit un porte-outil léger dédié à la traction animale et plus précisément au maraîchage, nous font savoir que leurs outils sont exposés dans le jardin du pavillon France de l'exposition universelle de Milan, qui fermera ses portes le 31 octobre 2015.
"L'exposition a pour thème Nourrir le monde. Un thème qui correspond bien à notre démarche. C'est grâce à notre labellisation Entreprise du Patrimoine vivant obtenue en 2012 que cette opportunité nous a été offerte", expliquent Stéphane et Christelle Parrain.
mardi 1 septembre 2015
PferdeStark, Carrefour Européen
En accueillant pour la seconde fois le grand rassemblement de la traction animale organisé par l'association allemande IGZ, le château de Wendlinghausen au sud de Hanovre s'est définitivement imposé comme le carrefour européen des utilisateurs de chevaux de trait.
Créé en 1996 et hébergé pour ses premières éditions au cœur de l'Écomusée de Detmold, ce rassemblement connu dans son appellation allemande sous le nom de PferdeStark se situe en seconde position juste dans le sillage quasi inaccessible des Horse Progress Days américains.
Comme une multitude d'autres outils alignés inertes, la charrue White Horse Machine semble réchauffer ses armes, ses versoirs affutés, aux rayons rasants du soleil levant.
Dans trois heures à peine, ils seront des milliers venus de toute l'Europe, de la Russie à la Grande-Bretagne, de la Norvège à l'Italie, et même de beaucoup plus loin, des États-Unis, à accomplir ce pélerinage équin qu'on devrait inscrire au Patrimoine mondial de la traction animale si une telle structure venait à être créée.
Les quelques hectares qui entourent le château de Wendlinghausen bruissent d'une multitude de langues qui se mélangent pour ne former qu'une lancinante mélopée égrenée jusqu'aux heures obscures de la nuit naissante.
Comme le débardeur allemand Dirk Zöll, ce cheval de trait, ils l'ont dans la peau ; pour certains, c'est même dans les gènes. Tous partagent cette même envie, faire de cet animal au grand cœur et à sang froid leur compagnon de vie et de labeur.
Mais la traction animale, renaissante de quelques décennies, avance encore d'un pas mal assuré, et le plaisir de se retrouver pour ces deux jours de communion n'empêche pas les interrogations de poindre ici ou là. Wendlinghausen 2015 a vécu. Un succès incontestable. En ces premiers jours de septembre aux quatre coins de l'Europe, leur énergie renouvelée et même décuplée, des milliers de meneurs de toutes disciplines confondues, présents à Wendlinghausen,, se sentent confortés dans leur choix de vie.
En débardage en paire, le Belge Jean-Paul Moureau est resté au pied du podium.
J'en mettrais ma main à couper, il s'agit de la faucheuse à entraînement par roues de marque I&J.
Un matériel Pioneer, idéal pour remuer ciel et terre.
Tout le monde se lève pour la troupe Jéhol.
Le "culti-mulcher" Shipshe, pour ne pas en perdre une miette.
Le collier Agilis de la Sellerie percheronne a pris la pose devant le château de Wendlinghausen.
Après une longue vie de binage dans les plaines céréalières des États-Unis, ce porte-outil a subi une cure de rajeunissement en Allemagne.
Pour l'entreprise girondine VitiMéca de Gilles Duvin, le rassemblement de Wendlinghausen 2015 s'inscrira en lettres d'or dans les annales. En effet, son porte-outil "le percheron" a obtenu le prix de l'innovation PferdeStark 2015. Un succès qui vient après le trophée de l'innovation 2014 obtenu à Romagne dans la Vienne pour un autre porte-outil, "le breton".
Autres distinctions, celles obtenues de haute lutte par le débardeur luxembourgeois Jean-Paul Heck qui devient champion d'Europe de débardage, à la fois en simple et en paire. Une performance exceptionnelle réalisée pour la première fois depuis la création de cette compétition en 2010 par l'Allemand Matthias Rensing en 2013.
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