lundi 9 septembre 2013

Du Trait En Maraîchage

















"On a fait du maraîchage pour travailler avec les chevaux".

















Négociant avec ennui et résignation les ronds-points qui encerclent la ville d'Angoulême, je repense à cet après-midi et à cette matinée passés en compagnie d'Anne et Jérôme Vos.
La veille en tout début d'après-midi, tournicotant en sens inverse sur les mêmes ronds-points, nouveaux chemins de ronde des villes modernes, je me faisais une joie de faire la connaissance de maraîchers en traction animale du côté de Gardes-le-Pontaroux en Charente, à peu de distance de la Dordogne. Mes espoirs n'ont pas été déçus. Anne et Jérôme sont des gens charmants, menant une aventure maraîchère remarquable. Pourtant, alors que la succession de ronds-points me donne le tournis, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. C'est en abordant le dernier rond-point... avant l'autoroute que j'ai compris.
Mais bien sûr ! C'est cette expression de maraîcher en traction animale qui ne colle pas. Anne et Jérôme ne font pas du maraîchage en traction animale. Ils font... ils font... oui, voilà. Ils font du cheval de trait en maraîchage. C'est ça : du trait en maraîchage.
C'est serein que j'aborde finalement l'autoroute, ravi d'avoir pu mettre les bons mots sur l'activité des maraîchers du Jardin de l'Espérande et content d'être enfin débarrassé des tourniquets à voitures de la ville d'Angoulême.
















"L'image du cheval fait vendre".

Elles s'appellent Kiona et Berta. Toutes deux venues des Pays-Bas, mais traits belges par ascendance. Kiona et Berta sont au cœur de la vie du Jardin de l'Espérande. Une vie rythmée par les besoins et le travail de Kiona et Berta sur les 5000 m2 en trois parcelles qui composent les terres maraîchères. Les deux juments sont attelées tous les jours même si le travail véritable, le travail du sol et de désherbage, ne les occupe pas quotidiennement. Mais il y a toujours quelques petits travaux à faire, fumier et foin à transporter.
Le Jardin de l'Espérande, c'est une production de 25 à 30 paniers de légumes bio, mais sans label, par semaine de juin à octobre. Toute la promotion se fait par l'intermédiaire d'un site Internet et aussi par le bouche à oreille. Le Jardin de l'Espérande produit les légumes classiques que l'on trouve habituellement en maraîchage, avec quelques légumes moins connus comme par exemple la tétragone, épinard de Nouvelle-Zélande.
Le vendredi, c'est le jour des paniers, préparés par les deux maraîchers. C'est Jérôme qui les distribue en effectuant deux tournées. La première pour les clients proches de Gardes-le-Pontaroux, et la seconde pour les clients plus éloignés. Anne et Jérôme n'effectuent aucune vente sur les marchés et font peu de ventes sur place.

"On ne sait pas faire avec les produits chimiques. On n'a pas appris".


















Les 5000 m2 du Jardin de l'Espérande ne permettent pas à Anne et Jérôme Vos de vivre toute l'année. Alors, en hiver, Jérôme se tourne vers les bois pour du débardage, cette fois encore avec l'aide de Kiona et Berta. Il fait aussi de l'élagage, une tâche qui ne rebute pas celui qui fut avec Anne dans une vie passée un adepte de l'escalade. Il lui arrive encore de retourner quelques semaines du côté d'Amsterdam pour effectuer des installations de murs d'escalade. Une bonne manière de mettre du beurre... dans les tétragones. Quant à Anne, elle occupe un poste d'assistante pédagogique dans une école de Villebois-Lavalette.
De leur vie précédente dans leur pays, au Pays-Bas, enseignante pour Anne et cadre dans une société d'intérim pour Jérôme, les maraîchers charentais gardent le souvenir d'une période trépidante où ils gagnaient très bien leur vie. Mais déjà à cette époque, ils avaient en tête l'idée de travailler avec des chevaux de trait, achetant même en prévision de leur reconversion colliers et harnais quand l'occasion se présentait. Une envie qu'Anne et Jérôme ont concrétisée aux alentours de la quarantaine en s'installant définitivement à Gardes-le-Pontaroux pour faire... du trait en maraîchage.

















"On nous demande en premier des nouvelles des chevaux".


















Anne et Jérôme Vos
Jardin de l'Espérande
"Chez Marquet"
16320 Gardes-le-Pontaroux
05.45.61.14.93.

À voir le très beau site du Jardin de l'Espérande :
www.jardin-esperande.blogspot.fr



2 commentaires:

Brigitte Guillaume a dit…

Un vrai régal !
La vie est faite de petits bonheurs.
Ce que Jean-Léo vient de nous démontrer, c'est aussi que ces petits bonheurs...ils se cultivent !
Merci Anne et Jérôme d'avoir su nous mettre l'eau à la bouche et du baume au coeur.
Nous attendons déjà avec impatience les prochains ronds-points sur la route de Jean-Léo...

Romain ihry a dit…

Ce sont de proches amis ,et je suis fière de leur parcours .Mon père en dirait bien plus. Aubépine nous a formé tous les trois au travail avec les chevaux de trait et nous lui rendons bien en la laissant prendre paisiblement sa retraite !