mardi 21 mars 2023

Thompson Dans Le Perche (3)

 Troisième volet du voyage de Samuel D. Thompson dans le Perche en 1890.
"Après une course de six kilomètres de Nogent-le-Rotrou nous arrivons au bourg de Berd'huis, sis dans le département de l'Orne. Berd'huis a une population d'environ huit cents habitants; sa situation est pittoresque, et, aussi loin que l'oeil peut atteindre, on découvre une suite de vallées fertiles où paissent des centaines de poulains destinés à l'exportation en Amérique.
À une petite distance du bourg, nous arrivons à Beaulieu, ferme occupée par M. Charles Colas, qui a vendu environ quatre cents Percherons aux acheteurs américains, pas tous des meilleurs, mais dans le nombre il y en avait de bons. M. Colas ne saurait être mis au rang des éleveurs, non plus qu'au rang des étalonniers; son plan a été, pendant des années, d'acheter des poulains de lait, de les nourrir et de les vendre aux acheteurs américains comme antenais, ou comme poulains de deux ou trois ans. En quoi il a pleinement réussi, en disposant toujours d'un grand nombre à de bons prix. Le seul cheval vraiment remarquable qu'il ait eu fut César 3526 (601); il reçut 10 000 francs pour cet animal à l'âge de deux ans."

César photographié en 1884 à Nogent-le-Rotrou. Coll. Château de Rosa Bonheur




"M. Colas est un marchand dans toute l'acceptation du mot, et son stock courant de chevaux ne peut être classé que comme ordinaire, mais on ne saurait en dire autant de son hospitalité qui est de l'ordre le plus élevé, et beaucoup d'Américains se souviennent avec plaisir des bons diners qu'ils ont savouré à Beaulieu."

César dessiné par Rosa Bonheur. Coll. JM Rousset

"Laissant Berd'huis, nous traversons le bourg de Dancé et nous arrêtons un moment à Quignon, la ferme de M. Poussin, éleveur d'un grand nombre de bonnes juments. De là, nous poussons jusqu'à Saint-Pierre-la-Bruyère, et nous voyons, au haut de la colline, au détour de la route, l'antique demeure où mourut l'ainé des Perriot, lequel fut le père d'Albert, Louis et Ernest Perriot, qui ont exporté chez nous plus de bons chevaux que tous les autres éleveurs du Perche réuni.  
Prenant la route qui serpente sur le versant de la colline, nous arrivons à la ferme de M. Ferdinand Garreau, qui conserve toujours un petit nombre de bonnes juments et a envoyé en Amérique quelques excellents sujets. Il possède Potentat (493), qui ne figure que dans fort peu de généalogie.
Nous nous rendons, tout près de là, à Amilly, et ici nous aurions pu très bien renvoyer notre cheval, car M. Gautier, propriétaire de la ferme, n'a jamais permis à un visiteur de s'en aller sans avoir reçu l'hospitalité. Amilly est la ferme où vécut et mourut Albert Perriot. Pendant plusieurs années après sa mort, sa veuve dirigea la ferme, et quelques-uns des plus anciens acheteurs américains se souviennent bien de "la veuve Perriot", car, à la mort de son mari, elle ne voulut pas laisser péricliter le commerce des chevaux. Elle était elle-même excellent juge du cheval; elle sortait, acheter des poulains et les revendait aux Américains. Il y a quelques années, elle épousa M. Louis Gautier, bien connu de presque tous les importateurs américains. C'est à Amilly que Favori 1er (711) fit la monte, d'où sortirent quelques animaux remarquables tels que Margot d'Amilly 295 (795), Superior 454 (730) et Iago 995 (768)." 




"M. Gautier, durant la saison, a de quinze à vingt-cinq étalons en service, et les acheteurs trouvent couramment à sa ferme un grand nombre d'étalons et de juments de tous âges à choisir. M. Gautier est un homme d'une intégrité parfaite, sur la foi de qui on peut se reposer." 
S.D. Thompson

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