jeudi 10 mars 2011

Traction Bovine A Montmorillon

On ne présente plus le CFPPA de Montmorillon dans la Vienne. Il y a plusieurs années que le centre propose des certificats de spécialisation en traction animale (équine).
Cette fois, Gérard Coti, responsable de la filière traction animale, et Emmanuel Fleurentdidier ont mis sur pied une formation courte de 2 semaines consacrée à la traction bovine. Il s'agit d'une première pour un organisme de formation qui ne soit pas du secteur privé.
Gérard Coti, enthousiaste à l'issue de cette première session, explique que "cette formation qui accueillait 6 stagiaires a été mise sur pied pour répondre à une demande".
Karine, Christine, Maya, Thomas, Cédric, André ont tous exprimé leur satisfaction à la fin du stage, et ils semblaient bien décidés à ne pas en rester là. Cette initiation au métier de bouvier leur a permis de se familiariser avec les boeufs de travail et d'apprendre les bases du menage.
Pour certains, déjà initiés au menage des chevaux, il a fallu apprendre de nouveaux gestes. Mener des boeufs se fait en conjuguant des ordres donnés verbalement et des ordres donnés à l'aide d'un bâton. A noter que les boeufs étaient de race vosgienne, habitués à répondre aux ordres donnés en patois vosgien. Les stagiaires ont donc pu, par la même occasion, apprendre une nouvelle langue !
Gérard Coti et Emmanuel Fleurentdidier semblent déterminés à poursuivre l'aventure, et de nouvelles formations sont envisagées à l'avenir.
Renseignements :
CFPPA de Montmorillon
05.49.91.97.20.

mercredi 9 mars 2011

Afrique Du Sud > Une Journée Sympa

Ce matin-là, le 20 février 2011, Sympa de Bellevue s'apprête à vivre la routine habituelle. Sortie du box vers 8 heures 30. Journée au pré et retour au box avant la nuit.
Sympa aime bien ces longues périodes au grand air. Il peut surveiller du coin de l'oeil ses deux copains Elsenburg Marinus et Tennessy Cauvelière, le petit dernier. Les cabrioles de Sharifa, sa première fille sud-africaine née il y a quelques semaines, l'amusent beaucoup aussi.
Mais en voyant arriver ses maîtres, le nouveau et l'ancien, les bras chargés de laine rouge, Sympa a compris qu'il lui faudrait faire une croix sur la journée au pré.
Les laines rouges, il connaît. Il sait que ça veut dire "concours". Pas mal non plus, les journées de concours. Cela change, mais c'est souvent un peu longuet. Il se souvient encore de cette journée au haras du Pin. Des heures à attendre. C'était en... 2009. Ah, comme le temps passe ! Il s'en est passé dans sa vie, depuis cette 3ème place en catégorie traits. L'Allemagne d'abord. Sympa n'a pas bien compris ce qu'il était venu faire dans ce pays-là. Puis l'avion. Ah, l'avion ! Sympa s'en souvient comme si cétait hier. Il avait eu l'impression de planer, d'être dans les nuages. A l'arrivée, on lui avait dit : "Bienvenue en Afrique du Sud !".
Bon, un concours de plus ou de moins, ce n'est pas ça qui va le stresser, le Sympa.
Comme il y a deux jours pour le concours régional, Sympa a partagé le camion avec Tennessy et Marinus. Une heure de route. Il commence à connaître le trajet. Il a bien vu la pancarte en arrivant : "Kyalami Equestrian Park".
A peine arrivés, Sympa et ses deux copains ont dû participer à une sorte de défilé. "La parade des étalons", leur a-t-on dit. "Bof... excellent pour se dégourdir les jambes", a pensé Sympa.
Pendant une grande partie de la journée, Sympa s'est surtout occupé de la pelouse autour du camion. Sans s'intéresser aux "danseuses" qui faisaient le spectacle. "Des juments, des hongres, rien de valable".
En milieu d'après-midi, Sympa a senti que tout le monde commençait à stresser. Il a retrouvé Natalie. Il aime bien Natalie. Ils se connaissent bien, maintenant. Elle est chouette, Natalie, avec sa casquette rouge.
Puis il a entendu son nom : Numéro 657, Sympa de Belleviou. "Encore un speaker incapable de prononcer mon nom correctement ! Bel-le-vue... c'est pourtant facile ! Bel-le-vue."
Alors là, le Sympa, il a bien rigolé quand il a vu les juges. "Sapés comme pour un mariage. La classe, quoi ! Rien à voir avec le jury du haras du Pin". Ah, il s'en souvient encore : "Habillés en tous les jours pour l'approbation dans la cour d'honneur. Il paraît qu'en Angleterre ils mettent un chapeau melon et qu'aux Etats-Unis, c'est un chapeau de cowboy. Bref, des vrais jurys, quoi..."
Bon, ça l'a un peu ennuyé, le Sympa. Et que je marche, et que je trotte, et que je m'arrête, et que je recommence... de toutes façons, avec les "claquettes" qu'ils lui ont mis aujourd'hui en face, s'il ne gagne pas, c'est qu'ils n'y connaissent vraiment rien, les juges. Les autres, il s'assied dessus et il les écrase. Pas un seul qui dépasse les 700 kilos. Même la grande danseuse de frison qui s'agite dans tous les sens, il va se la faire, les sabots dans les narines !
And the winner is : Sympa de Belleviou !!! "
"Bel-le-vue, ah, il n'y arrivera jamais !
Ben, qu'est-ce qu'ils ont tous à s'embrasser ? M'agacent, à me taper sur la tête comme ça. "Stallion of the year 2011" : bon, va vraiment falloir que j'apprenne l'anglais. Et les photos maintenant. Tiens, le grand, là, avec les cheveux blancs et ses gros appareils. Je me souviens, il était venu me voir à Vautorte. Oh la la ! Je lui avais fait un de ces spectacles, il doit encore s'en souvenir !"
Sympa de Bellevue, né en 2006 chez monsieur Bernard Guyard, Bourgneuf-la-Forêt, Mayenne, France.
Eleveur français : Michel Paris, la Grande Guérinière, Vautorte, Mayenne.
Eleveur sud-africain : Johan Henning, Summerwind Percheron Stud, Afrique du Sud.
Haras du Pin 2009 : 3ème des 2 ans, traits grande taille.
Pretoria 2011 : Etalon de l'année.

mardi 8 mars 2011

Afrique Du Sud > Les Grands Espaces

Après 3 heures de route depuis Durban et 16 km d'une piste en terre, nous prenons un petit chemin à gauche, et là, à nos pieds, s'étendent les milliers d'hectares de Waterford Farm, la ferme de Barbara et Peter Dommett, aussi connue sous le nom de ferme "des gentils géants".
Au loin, la chaîne du Drakensberg, la Montagne du Dragon. Au sommet de la ligne de crête commence le royaume du Lesotho. A aucun moment nous n'avons vu de dragon. Ce que Jan Engelbrecht, sa soeur Anita et moi avons découvert, ce sont les "gentils géants" de Peter : des percherons, des shires, des clydesdales, par dizaines.
Peter tient avant tout à nous présenter Mendy. "C'est un diamant", nous dit-il. Un compliment de taille dans un pays où l'on s'y connaît en diamants.
Mendy est occupé avec un quarter horse. Mendy, c'est un peu la version sud-africaine de "l'homme qui murmure à l'oreille des chevaux". Il saute sur le dos du quarter horse, passe entre ses jambes, sans que le cheval ne manifeste la moindre crainte. Mendy nous explique la manière dont il s'y prend pour établir le contact avec les chevaux.
"Il a un don", nous répète Peter. "Il a pourtant quitté l'école très tôt, il a tout appris tout seul".
Sur la ferme des "gentils géants", c'est à Mendy que revient la tâche délicate de préparer les chevaux qui sont vendus pour l'équitation, principalement, et parfois pour l'attelage.
En 4x4, Peter nous emmène faire la visite de sa ferme. Empruntant parfois les chemins de terre, le plus souvent suivant le chemin le plus court à travers les herbes, nous passons d'un troupeau à l'autre. Nous commençons avec les percherons. Plusieurs troupeaux. A chaque fois, 10 poulinières accompagnées d'un étalon. Pour les percherons, Peter dispose de 3 étalons noirs et d'1 gris. Toutes races confondues, ce sont 25 étalons qui sont en charge de la reproduction sur les terres de Waterford.
Quand on l'interroge sur la superficie de son exploitation, Peter nous montre la barre rocheuse au loin. "Nous sommes la dernière ferme avant le Lesotho".
Sur la ferme de Peter Dommett, on n'élève pas seulement les chevaux de trait. On les utilise aussi. Vétérinaire de formation, Peter a bifurqué très tôt pour se consacrer à l'élevage. Sur sa 1ère ferme, il avait 2 tracteurs. Jusqu'au jour où son employé de confiance, encore sous l'emprise des vapeurs éthyliques de la nuit, a fait l'appoint d'huile avec de la mélasse de canne à sucre. C'en était fini des tracteurs. Peter acheta 2 percherons et se mit à les atteler.
Avec les milliers d'hectares de sa nouvelle ferme, Peter a dû se résoudre à reprendre des tracteurs, mais les chevaux de trait ont toujours leur place au travail. Sur cette ferme entièrement en pâtures et gérée selon des principes bio, des chevaux sont utilisés tous les jours à des tâches multiples. L'arrosage n'est pas la moins étonnante. Toutes les plantations d'herbe sont arrosées à l'aide d'un percheron qui tire un tuyau d'arrosage doté d'un tourniquet. "C'est tout à fait performant et ne coûte que 10% de ce que coûterait un système d'arrosage classique", explique Peter.
Les percherons ne sont pas seuls à Waterford. Il y a aussi des shires (ci-dessus), des clydesdales, des pur-sang arabes et beaucoup de chevaux issus de croisements. En particulier entre des traits (shires et percherons) et des pur-sang anglais. Ces produits sont principalement destinés à l'équitation de sport.
En Afrique du Sud, seule la race percheronne est structurée, avec une société d'élevage créée en 1939. Les autres races de trait, les shires et les clydesdales en petit nombre dans le pays, environ une cinquantaine, ne bénéficient pas d'une structure équivalente.
Au total, la ferme de Waterford compte environ 300 chevaux, sans oublier les ânes, d'origine espagnole.
Les chevaux de Peter Dommett ne sont que sa seconde activité. Waterford est avant tout une ferme en production laitière, avec un total de 1300 vaches réparties en 14 troupeaux.
Les jeunes chevaux sont répartis par tranches d'âge. Sans tenir compte des races. Percherons, shires, clydesdales et croisés cohabitent en troupeaux d'une vingtaine d'unités.
Ardent partisan de la traction animale, Peter Dommett reconnaît que la demande pour un cheval de traction plus musculeux se fait jour depuis quelques années. Pour des activités d'attelage touristique dans les villes et parfois pour des activités agricoles. Il pense que l'arrivée de percherons français depuis 2009 pourrait contribuer à répondre à cette demande.
Peter Dommett a écrit un livre sur la traction animale intitulé "Alternative Draught Power". Pour vous le procurer, le mieux est de vous rendre chez Peter Dommett.
Des informations sur sa ferme sont disponibles sur le site http://www.waterfordfarm.co.za/
Pas de crainte pour le gîte et le couvert : Barbara et Peter Dommett gèrent aussi un superbe lodge, le Penwarn Country Lodge, dans un cadre naturel sublime, à peu de distance de la ferme. A voir sur le site http://www.penwarn.com/

lundi 7 mars 2011

Afrique Du Sud > En Concours

  • Toilettage pour l'étalon noir Elsenburg Marinus à Jan Engelbrecht.

Le 18 février 2011 s'est déroulé, au Kyalami Equestrian Park près de Pretoria, le championnat de la race percheronne de la province de Gauteng. Pendant 6 jours, toutes les races de chevaux de cette province ont ainsi tenu leur concours annuel. Une quinzaine de percherons étaient présents. Le concours comprenait des chevaux nés sur le sol sud-africain et quelques-uns des percherons récemment importés de France.

  • Victoire d'Ajain à JPL van der Walt.

La matinée a été consacrée au concours modèles et allures, avec plusieurs catégories : moins de 3 ans, poulinières, étalons et hongres.

  • Vanina de Saint-Avit, à JPL van der Walt, présentée par Natalie Hogg.

Le jury était composé de Jack Maritz, éleveur et spécialiste de pur-sang arabes qui avait déjà jugé des percherons en... Australie, et de Michel Paris, éleveur de percherons mâles dans la Mayenne en France. Monsieur Fanie Rootman (à droite dans le jury) était responsable de carrière et Pamela Taschner était en charge de la traduction anglo-française.

  • L'étalon Dream Big Lord Troy, présenté par sa propriétaire Mandé Siderfin.

Ce qui frappe au premier coup d'oeil sur un concours, c'est que les percherons sud-africains sont de petite taille -ce qui n'est pas forcément un défaut. Ce qui est peut-être un peu plus regrettable, c'est qu'ils sont pratiquement tous de petite taille. Autre constante, la finesse extrême des membres et le manque d'ampleur et de musculature du poitrail. Une morphologie qui a conduit le percheron sud-africain essentiellement vers l'équitation.

  • Tennessy Cauvelière, présenté par Rayno van Reenen et appartenant à Johan Henning, participait à son premier concours en Afrique du Sud.

  • Michel Paris remet la plaque offerte par la Société hippique percheronne de France à Natalie Hogg qui présentait Sympa de Bellevue, vainqueur du concours des étalons.

Michel Paris, en voyage en Afrique du Sud à titre personnel (comme le photographe) a cependant représenté officiellement -et dignement- la SHPF.

  • La journée s'est terminée avec une épreuve de traction remportée par Elsenburg Marinus.

Devenu un cheval essentiellement monté, le percheron sud-africain n'a plus guère d'expérience de la traction. Certains aimeraient pourtant le voir se réapproprier cette discipline. L'arrivée de percherons d'origine française, davantage conformés à la traction, pourrait aider à cette évolution.

Retrouvez le site de la Société percheronne sud-africaine sur :

http://www.studbook.co.za/Society/percher/

dimanche 6 mars 2011

Afrique Du Sud > Le Percheron En Marche

On l'avait un peu oublié : l'Afrique du Sud fait partie, avec les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l'Argentine et bien sûr la France, des pays qui disposent d'un stud-book percheron.
Importés de France en 1911 et 1912, Hammer (né en 1907) et Jones (né en 1909) ont été les premiers percherons inscrits dans le stud-book général des races équines.
C'est une autre importation, récente, celle de Sympa de Bellevue en 2009, qui semble avoir réveillé la Société percheronne sud-africaine (Percheron Horse Breeders' Society of South Africa). A l'occasion de ce départ de Sympa vers l'Afrique du Sud, nous avions fait la connaissance au haras du Pin de Jan Engelbrecht et de Johan Henning. Les deux hommes ont pris de l'importance au sein de la race percheronne sud-africaine puisque le premier en est devenu le président et le second occupe la position de secrétaire.
Alors qu'elle ne comptait plus que 21 adhérents en 2007, la Société percheronne en compte 39 en 2011. Les chevaux inscrits au stud-book sont aussi en augmentation. On a répertorié l'année passée 165 poulinières, 64 étalons et 6 hongres. Après plusieurs décennies de stagnation de la race, beaucoup d'éleveurs ne prenaient plus la peine d'inscrire leurs chevaux. Cela est en train de changer et des éleveurs se tournent à nouveau vers leur association d'élevage.
Dans un pays aussi vaste et à la géographie aussi diverse, les "généralisations" sont un peu trop réductrices quand on parle du percheron. C'est pourquoi, dans les jours à venir, nous ferons un large tour d'horizon du percheron sud-africain, qui nous emmènera dans la région de Pretoria/Johannesburg, puis au nord-ouest de Durban dans la province du Kwazulu-Natal, et enfin à la pointe sud du pays dans la région du Cap.
Voici, illustré par quelques images, ce que le blog Percheron International mettra au menu des prochains jours.
  • Avec Peter Dommett, nous découvrirons le plus grand élevage de percherons et de chevaux de trait d'Afrique du Sud (les deux photos ci-dessus).

  • Nous suivrons le concours percheron de la province de Gauteng qui s'est déroulé près de Pretoria le 18 février (les deux photos ci-dessus).

  • Sur le domaine viticole de Waterkloof, nous passerons la journée avec des percherons qui travaillent dans la vigne.

  • Au collège agricole de Elsenburg, nous ferons connaissance avec les étalons et les poulinières qui ont contribué à la sauvegarde de la race.

  • Sur la ferme Summerwind Percheron Stud, nous retrouverons Vanina de Saint-Avit et Victoire d'Ajain pour une journée d'information mise sur pied par la Société percheronne sud-africaine.

  • Nous rencontrerons à plusieurs reprises un éleveur de percherons mâles bien connu en France.

  • Nous vivrons avec Sympa de Bellevue une journée riche en émotions.

  • Nous ferons une visite de l'élevage Summerwind Percheron Farm... et bien d'autres choses encore.