jeudi 29 octobre 2015

Jean-Yves Boudin Nous A Quittés



Un chêne est tombé.
Le débardage au cheval vient de perdre l'une de ses figures historiques. Jean-Yves Boudin, qui a consacré une grande partie de sa vie aux chevaux de trait, est décédé aujourd'hui 29 octobre 2015. Sachant ne pas pouvoir lutter longtemps contre la maladie, Jean-Yves avait décidé en toute conscience de le faire à mains nues.





On ne pouvait rester insensible à la forte personnalité de Jean-Yves Boudin. Toujours exigeant dans le travail, parfois rugueux comme l'écorce des arbres qu'il côtoyait au quotidien, l'homme se montrait aussi chaleureux, en perpétuel questionnement, en particulier sur l'avenir de l'activité qui lui tenait tant à cœur, le travail en milieu boisé avec des chevaux.

C'est en 1982 que celui qui est alors tondeur de brebis achète son premier cheval de trait. Une envie qui le tenaille depuis l'enfance. En 1986, il s'oriente vers le débardage au cheval alors que toute la filière bois est convaincue que le cheval, c'est du passé.
C'est dans sa région, en 1990, au sein de la coopérative forestière du Limousin qu'il fait ses premières armes et qu'il en devient pendant un temps salarié comme débardeur au cheval. Après la grande tempête de 1999 qui fait des dégâts considérables dans tout le patrimoine boisé en France, Jean-Yves Boudin est l'un des premiers à s'orienter vers la restauration des cours d'eau et des zones sensibles. Souvent associé à d'autres débardeurs au cheval, Marco Denis, Fred Fardoux, Florent Daloz, Ludovic Tardiff, et avec le soutien de Camille Junien, Jean-Yves Boudin partage son temps entre les chantiers d'éclaircie et de production de bois et les chantiers environnementaux en zones sensibles.

La carrière de Jean-Yves Boudin prendra à deux reprises un tournant inattendu, au début des années 2000. On fait tout d'abord appel à lui pour rassembler en France une dizaine de chevaux de trait prêts au débardage pour les mettre en place au Venezuela sur les rives de l'Orénoque. Jean-Yves passe plusieurs mois dans ce pays et une fois sa mission accomplie, il rentre en France. Peu de temps plus tard, il effectue un retour sur le continent américain, au Costa Rica cette fois, pour résoudre des problèmes comportementaux de chevaux utilisés en exploitation forestière.



En ces moments douloureux, toutes nos pensées vont à sa femme Isabelle, à sa sœur Stéphanie, à toute sa famille et à tous ceux qui ont côtoyé Jean-Yves dans son activité professionnelle.

Jean-Yves repose à la maison funéraire de Châteauneuf-la-Forêt, Haute-Vienne.
Il sera enterré civilement samedi 31 octobre à 14h30 au nouveau cimetière de Linards, Haute-Vienne.
Toutes les personnes qui souhaitent assister aux obsèques sont les bienvenues. Selon ses volontés, toutes marques de sympathie, fleurs et autres, sont acceptées sans signes religieux.




13 commentaires:

Sylviane Letertre a dit…

Il y a des jours où il fait nuit.
Aujourd'hui en est un.

Anonyme a dit…

"La mort du jardinier n'est rien qui lèse un arbre. Mais si tu menaces l'arbre, alors meurt deux fois le jardinier." - Antoine de Saint-Exupéry

Chapeau bas, à tous ces passionnés qui ont su concrétiser et garder intacts leurs rêves et leurs passions !

Je souhaite sincèrement que dans la nuit apparaissent plein de nouvelles petites flammes qui vont prendre le relais.

Maïté Espagnet

Julien MAILLAUD a dit…

Merci pour tout les enseignements, pour ces moments pas simple mais tellement riche. Merci de m'avoir "fais débardeur "Jean Yves et d'avoir eu le privilège de te côtoyer. Fred Fardoux

Anonyme a dit…

Je t'ai cotoyé que très brièvement , qd tu es venu chez les Coudry , éclaircir et nettoyer leur propriété de Meaulnes . Un jour de repos pr ta paire d'ardennais (je me trompe peut être) , tu avais emprunté ma wagonnette pr leur dégourdir les jambes . Et j'avais été en admiration sur le remisage tt en finesse de la voiture . Au revoir l'artiste . Et veille sur tes proches de la haut . Edith .

Anonyme a dit…

On le connaisser que par le net mais on a toujours admiré sont travail. Au revoir Monsieur Jean Yves.

Lionel Say a dit…

Je garde un souvenir merveilleux de Jean-Yves. De son enthousiasme, de sa capacité à rendre les choses possibles. Jean-Yves a marqué ma carrière de forestier en montrant qu'il y avait moultes possibilités de mettre en valeur un peuplement. Jean-Yves était un homme authentique. D'il nous manque déjà, il nous a transmis une énergie et une authenticité qui reste. Lionel Say à l'epoque directeur de la Coopérative Foredtiere du Limousin aujourd'hui CFBL

domdarphin a dit…

Au revoir Monsieur BOUDIN. Le respect que porte le souvenir de votre contact et de votre engagement me fait penser que vous continuerez à veiller, entre autres, sur la forêt et le travail au cheval.
Reposez en paix, même si le temps passé avec nous n'a été que trop court.
Que ces témoignages de l'estime, de la sympathie, et de l'amitié que votre personne a suscité aident vos proches dans ces moment si douloureux.

Bernard Palluet a dit…

Ma rencontre avec toi, Jean Yves à changé ma vie prodessionnelle et ma vie intérieure.
Sur le plan professionnel tu as ouvert des perspectives que nous n'imaginions ni l'un ni l'autre, mais surtout la découverte humaine entre nous fut exceptionnelle et d'une richesse infinie.
Ton charisme et ton enthousiasme ont eu rapidement raison de mes doutes et de ceux de ma hiérarchie pour nous entrainer des 1991 dans une aventure inédite et vers des chemins qui nous ont conduit jusqu'en Amérique du Sud. Entre temps, l'estime réciproque qui nous animait nous avait déjà amené à inventer de nouveaux schémas de travail, et ta compétence, doubleée de passion, avait motivé l'organisation des " Rencontres Nationales de Traction animale de Meymac" en 1993.
Pour moi, et sans doute pour beaucoup d'autres tu réunissais ce que l'homme a de meilleur en lui: De l'empathie mais une capacité à te révolter face à l'injustice et à la bêtise, une volonté de fer qui
t'a permis de resister à l'adversité et à garder le cap que tu t'étais fixé, un détachement face au superflux et une capacité à aller à l'essentiel. Tu étais exigeant avec toi, et sans compromission (souvent, je t'ai dit trop!).
Tu m'as rendu meilleur et tu m'as donné l'envie de te suivre dans tes utopies et ta vision de la vie, comme tu as donné à d'autres, l'envie de lier leur vie professionnelle aux chevaux parcequ'ils t'avaient vu te comporter avec les chevaux et entendu parler de cette relation homme- cheval.
Comme je me suis senti "petit" le jour ou je t'ai découvert, encore tout humide d'une journée harassante de travail sous la pluie d'hiver, capable de lire Marguerite Duras, à la chandelle, dans ta caravane.
Aujourd'hui, je m'en veux de mon inconséquence. Elle m'a rendu coupable de n'avoir pas su t'appeler plus souvent pour te dire toute mon affection et te soutenir dans les moments difficiles.
Il me reste le souvenir de nos heures de discussion et de la franche relation que nous partagions. Je voudrais tellement que tu sois là pour dire qu'il s'agissait d'une amitié.
Puisse se faire que là ou tu es, on te confie la responsabilité de mener un attelage de chevaux de traits pour débarder des grumes idéales dans une forêt magnifique comme nous en rêvions.

Bernard

coudry a dit…

jean marc COUDRY
il est des rencontres avec des hommes rares ,des rencontres intenses que l'on oublient jamais celle de JEAN YVES en fait partie avec son humanité son plaisir du travail du cheval en foret et restera pour toujours en nous . sa recherche de la perfection dans la vie avec sa simplicité et sa verité ne se rencontre plus dans notre monde actuel

Anonyme a dit…

jean-françois Massoud
si j'ai encore des chevaux et que je travaille avec c'est parce qu’un jour ma route a croisé la tienne. immense respect à l'humain et au professionnel. merci pour tout MONSIEUR Jean-Yves.

Julie Frontiere a dit…

merci de m'avoir permis de faire ma formetion en traction animal, de m'avoir soutenu et former
Grosse penser a sa femme qui a etait tres genereuse avec moi merci encore..

Anonyme a dit…

Tous les remerciements à Jean-Yves pour son enseignement.Les excuses de ne pas avoir été là pour ce douloureux moment.
Une pensée pour Isabelle.

Marcel Martinez AMBAZAC

Anonyme a dit…



Je appris le décès de Jean-Yves Boudin il n'y a pas longtemps. Après la tempête de 1999 je l'avais contacté pour réparer les dégâts sur une plantation de Douglas. Je sais maintenant par les autres commentaires qu'il été absent de France. 2 ou 3 ans après, alors que je ne l'attendais plus, il m'a contacté qu'il était disponible pour faire le travail si je pouvais mettre ses chevaux dans un pré. Avec mon accord il est venu débarrasser les parcelles des chablis tombés et enchevêtrés.Il m'a fait un excellent travail laissant les sous bois presque aussi propres qu'un jardin bien entretenu. Les arbres restants doivent s'en souvenir encore. Merci Monsieur Boudin.

Jean-Yves Coignac Peyrat le Château