samedi 4 octobre 2014

Antoine Congédié Aussi

La Nouvelle République, dans ses pages départementales du Loir-et-Cher du 3 octobre 2014, publie sous la plume de Henri Lemaire un article intitulé "Vous avez le bonjour d'Antoine". Cet article peut aussi être consulté sur Internet.
Antoine n'est autre que le trait breton qui assurait le transport scolaire hippomobile dans la ville de Villebarou en Loir-et-Cher depuis un peu plus de deux ans. Un service auquel a mis fin la nouvelle équipe municipale.
Voici de larges extraits de l'article de Henri Lemaire.

« Par ce temps il aurait été heureux, Antoine, à tirer sa calèche dans les rues de Villebarou. Sans rien demander à personne, surtout pas aux élus.
On l'entendait de loin, Antoine, claquer son pas tranquille sur le bitume…
Antoine est parti parce que tout cela n'est qu'une embrouille d'adultes.
"Sa présence apportait beaucoup dans le pays"
Mercredi dernier à la sortie du groupe scolaire Jacques-Prévert, on se prenait à regretter son passage, surtout pour le plaisir qu'on éprouvait à le rencontrer. « Nous n'en profitions pas pour le transport de nos enfants dans la mesure où il n'empruntait pas tous les jours le même circuit et surtout les horaires de passage ne nous convenaient pas, » se souvient Stéphanie. « En revanche, sa présence apportait beaucoup, cela créait un véritable lien dans le pays. » Jocelyne elle aussi n'en faisait pas profiter ses petits-enfants, « Nous l'apercevions, simplement. » Pour autant, Jocelyne n'a jamais souhaité le départ de ce sympathique cheval de trait. Beaucoup d'autres Villebaronnais ne partageaient apparemment pas cet avis, « à hauteur de 68,28% après consultation des habitants, » nous précisait en son temps le maire Alexandre Bouvier. Le coût global de fonctionnement d'Équipattes, chiffré à 48.000 euros par an, aurait pesé lourd dans la décision de mettre fin à l'opération.

C'est au lendemain des élections municipales qu'Antoine a trinqué. Changement de têtes, changement de programme, du jour au lendemain Antoine de l'Ajonc, noble trait breton, n'était plus dans les petits papiers municipaux. Pas plus que la toue cabanée, « et globalement tout ce que l'ancien conseil avait mis en place », résume Nicolas Batteux. Un vrai gâchis pour cet ancien conseiller. « Nous avons eu le sentiment que tout ce qui représentait l'ancienne municipalité était désormais indésirable. Ici nous n'avons pas de forêt, pas de monument remarquable, par de rivière. Le cheval permettait de distinguer ce village assez commun. Depuis qu'il était là on parlait plus souvent de Villebarou. Nous étions sur place vraiment par hasard lorsqu'Antoine est parti. Personne ne savait, les enfants n'étaient pas préparés. Quels que soient les motifs de cette décision, la méthode est vraiment choquante. Maintenant, on attend de voir ce que va nous proposer la nouvelle municipalité, ses projets. »
Aux dernières nouvelles, Antoine se porte bien dans sa pension de Sassay. La solitude lui pèse, le travail lui manque, mais l'éloignement lui épargne ces retombées délétères d'après élections ».

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Antoine est mis en vente par cette commune avec son materiel. Peut etre qu'il peut interresser un lecteur du blog...
Nicolas GARNIER

Chrysole a dit…

http://maxeville.voxdany.com.over-blog.com/2014/05/adieu-chevaux-caleche-et-ecuries-c-est-fini.html

Ici aussi avec le changement de municipalité, le transport scolaire s'est arrêté. La nouvelle équipe municipale s'est focalisée sur ce service alors que nous assurions des brigades avec la police municipale, des sorties et des séances d'approche du cheval avec les assistantes maternelles, le centre aéré, les retraités,les personnes déficientes,ainsi que des journées "découverte" des métiers de policier à cheval et de cocher auprès des lycéens, sans oublier les événementiels pour différentes collectivités limitrophes.

Ou sont les nouveaux projets qui apparemment voient le jour ?
Au lieu d'arrêter le service équin totalement si le transport scolaire semble sans intérêt, est il imaginable d'utiliser les chevaux dans d'autres services ?

La traction animale doit peut-être devenir un outil de travail comme la camionnette que toute commune possède, avec bien-sûr du personnel référent.

Bien souvent, les membres du service équin sont isolés du reste du service technique.

Pour l'avoir vécu, j'ai aussi le sentiment que les projets intégrant du personnel technique déjà existant sur la collectivité au sein de l'action équine est un point fort pour pérenniser l'activité, ce qui n'était pas le cas à la base ici.

Lorsque le personnel initial n'est pas compétent pour conduire ou juste soigner les chevaux, n'est-il-pas plus simple et moins coûteux de faire appel à un prestataire de service ou seulement à un loueur de chevaux comme à Argentan.

Du coup à Maxéville, nous avions commencé à former des grooms en interne pour palier à un arrêt de travail prolongé.Il était déjà question de proposer à l'ensemble du personnel municipal intéressé une formation de groomage assuré par le Haras National de Montier-en-der.

En parallèle, nous avions prévu d'organiser une sortie pour le CNAS, c'est à dire l'équivalent du CE pour une mairie, pour les enfants du personnel.

Des idées qui rassemblent autour d'un même projet, d'un même outil.
Car si la présence des chevaux est déjà source à de profond désaccord dans le personnel municipal, la crédibilité du projet sera mal défendu, car comme le dise eux même les élus à leur personnel du service technique :
Ceux sont eux qui représentent au quotidien la municipalité pour tout les administrés qui sortent de chez eux.

Les bilan de ces fins de service équin pour plusieurs communes vont-t-ils être pris en compte par les organismes qui se chargent d'accompagner les nouveaux projets ?
Ne pourrait-ton pas encourager les communes qui souhaitent tout arrêter à réduire le service ou à changer un mode de fonctionement ?

Il est vrai qu'à Maxéville, trois chevaux pour un commune de 10 000 habitants, cela faisait peut-être un peu présomptueux pour le moment.Il y avait peut-être plus simple à faire.

Pour finir, j'ai en mémoire cette réflexion suivante qu'un président d'une association d'attelage de l’Essonne rétorquait au Maire de sa commune:

"L'arrêt de l'activité équine ne fera pas gagner les élections à elle seule mais elle pourra peut-être en faire perdre dans cinq ans"